La FDA approuve des associations à base de pembrolizumab dans le cancer de l’ovaire résistant au platine
La FDA a approuvé pembrolizumab (Keytruda) et Keytruda Qlex en association au paclitaxel, avec ou sans bevacizumab, chez des adultes atteints d’un carcinome épithélial de l’ovaire, de la trompe de Fallope ou péritonéal primitif résistant au platine et PD-L1+ (CPS ≥1). Cette décision s’appuie sur l’essai de Phase 3 KEYNOTE-B96, qui a montré des améliorations significatives de la survie sans progression et de la survie globale par rapport au placebo.
La U.S. Food and Drug Administration (FDA) a approuvé pembrolizumab (Keytruda) et pembrolizumab avec berahyaluronidase alfa-pmph (Keytruda Qlex) en association au paclitaxel, avec ou sans bevacizumab (Avastin), pour le traitement d’adultes atteints d’un carcinome épithélial de l’ovaire, de la trompe de Fallope ou péritonéal primitif résistant au platine, PD-L1+ (Combined Positive Score [CPS] ≥1), déterminé par un test autorisé par la FDA, et ayant reçu un ou deux schémas antérieurs de traitement systémique. Les autorisations ont été annoncées par Merck (NYSE: MRK) le 11 février 2026.
Keytruda et Keytruda Qlex sont les premiers et les seuls inhibiteurs de PD-1 approuvés chez l’adulte pour les carcinomes épithéliaux de l’ovaire, de la trompe de Fallope ou péritonéaux primitifs résistants au platine avec des tumeurs PD-L1+. Cette décision constitue une étape majeure, en tant que premier schéma d’immunothérapie à démontrer un bénéfice en survie globale dans cette population difficile à traiter.
Les autorisations reposent sur les données de l’essai de Phase 3 KEYNOTE-B96 (également connu sous le nom d’ENGOT-ov65), présentées lors du congrès 2025 de l’European Society for Medical Oncology (ESMO). Les résultats de l’essai ont montré que pembrolizumab plus paclitaxel, avec ou sans bevacizumab, a entraîné une amélioration statistiquement significative de la survie sans progression (PFS), réduisant le risque de progression de la maladie ou de décès de 28% (HR=0.72 [IC à 95%, 0.58-0.89] ; p=0.0014) chez des patientes présentant un cancer de l’ovaire récidivant résistant au platine dont les tumeurs expriment PD-L1 (CPS ≥1), par rapport au placebo plus paclitaxel avec ou sans bevacizumab.
Dans cette même population, le schéma à base de pembrolizumab a également montré une amélioration statistiquement significative de la survie globale (OS), réduisant le risque de décès de 24% (HR=0.76 [IC à 95%, 0.61-0.94] ; p=0.0053) par rapport au placebo plus paclitaxel avec ou sans bevacizumab. Chez les patientes dont les tumeurs exprimaient PD-L1 (CPS ≥1), la médiane de PFS était de 8.3 mois (IC à 95%, 7.0-9.4) pour celles recevant pembrolizumab plus paclitaxel, avec ou sans bevacizumab, contre 7.2 mois (IC à 95%, 6.2-8.1) pour celles recevant placebo plus paclitaxel avec ou sans bevacizumab. La médiane d’OS chez ces patientes recevant le schéma à base de pembrolizumab était de 18.2 mois (IC à 95%, 15.3-21.0) contre 14.0 mois (IC à 95%, 12.5-16.1) pour celles recevant le schéma placebo.
L’efficacité de Keytruda Qlex dans ses indications approuvées a été établie sur la base de preuves issues d’études adéquates et bien contrôlées menées avec Keytruda, ainsi que de données supplémentaires de MK-3475A-D77 comparant les profils pharmacocinétiques, d’efficacité et de sécurité de Keytruda Qlex et Keytruda.
Parmi les 643 patientes incluses, 72% avaient des tumeurs exprimant PD-L1 (CPS ≥1), 73% ont reçu bevacizumab dans l’étude, et 46% avaient déjà reçu bevacizumab. Au total, 47% présentaient un intervalle sans platine inférieur à 3 mois. Les patientes ont été incluses indépendamment du statut d’expression tumorale de PD-L1.
La sécurité de pembrolizumab en association au paclitaxel avec ou sans bevacizumab a été évaluée chez 463 patientes atteintes d’un carcinome épithélial de l’ovaire, de la trompe de Fallope ou péritonéal primitif dont les tumeurs exprimaient PD-L1 (CPS ≥1) incluses dans KEYNOTE-B96. La durée médiane d’exposition à pembrolizumab était de 7.4 mois (intervalle : 1 jour à 35.9 mois).
Des effets indésirables graves sont survenus chez 54% des patientes recevant pembrolizumab et paclitaxel avec ou sans bevacizumab. Les effets indésirables graves chez ≥2% des patientes étaient : pneumonie (4.3%), infection des voies urinaires (3.9%), insuffisance surrénalienne (3%), hyponatrémie (3%), COVID-19 (2.6%), diminution du nombre de neutrophiles (2.6%), embolie pulmonaire (2.6%), douleur abdominale (2.1%), anémie (2.1%), colite (2.1%), diarrhée (2.1%), neutropénie fébrile (2.1%), pyrexie (2.1%) et vomissements (2.1%).
Des effets indésirables d’issue fatale sont survenus chez 3.9% des patientes recevant pembrolizumab et paclitaxel avec ou sans bevacizumab, notamment : suicide assisté (0.9%), décès (0.4%), perforation intestinale (0.4%), sepsis (0.4%), COVID-19 (0.4%), arrêt cardio-respiratoire (0.4%), colite (0.4%) et AVC embolique (0.4%).
Pembrolizumab a été définitivement arrêté en raison d’effets indésirables chez 16% des patientes. Les effets indésirables les plus fréquents conduisant à l’arrêt définitif de pembrolizumab (≥1%) étaient la colite (1.3%) et l’augmentation de l’alanine aminotransférase (1.3%). Des effets indésirables ayant conduit à une interruption de pembrolizumab sont survenus chez 44% des patientes. Les événements indésirables les plus fréquents conduisant à une interruption de pembrolizumab chez ≥2% étaient : infection des voies urinaires (3.9%), insuffisance surrénalienne (2.6%), pyrexie (2.6%), pneumopathie interstitielle (pneumonitis) (2.6%), infection des voies respiratoires supérieures (2.6%), neutropénie (2.1%), diarrhée (2.1%) et COVID-19 (2.1%).
Les effets indésirables les plus fréquents (≥20%) chez les patientes traitées par pembrolizumab en association au paclitaxel avec ou sans bevacizumab étaient : diarrhée (45%), fatigue (43%), nausées (41%), alopécie (38%), neuropathie périphérique (38%), épistaxis (31%), infection des voies urinaires (27%), constipation (25%), douleur abdominale (24%), diminution de l’appétit (24%), vomissements (24%), hypothyroïdie (21%), toux (20%), hypertension (20%) et éruption cutanée (20%). Les anomalies biologiques les plus fréquentes (≥20%) s’aggravant par rapport à l’état initial étaient : anémie (85%), leucopénie (82%), diminution du nombre de neutrophiles (71%), lymphopénie (60%), hypoalbuminémie (50%), hyponatrémie (53%), hypomagnésémie (45%) et augmentation de l’aspartate aminotransférase (43%).
Keytruda Qlex est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité connue à berahyaluronidase alfa, à l’hyaluronidase ou à l’un de ses excipients. Keytruda et Keytruda Qlex sont associés aux avertissements et précautions suivants : effets indésirables immuno-médiés sévères et fatals touchant un ou plusieurs organes, pouvant survenir pendant ou après le traitement, notamment pneumonitis, colite, hépatite, endocrinopathies, néphrite, réactions dermatologiques, rejet de greffe d’organe solide, rejet d’autres greffes (y compris greffe de cornée) ; réactions sévères et engageant le pronostic vital liées à la perfusion ou à l’injection ; complications fatales et autres complications graves chez les patients recevant une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques avant ou après le début du traitement ; toxicité embryo-fœtale ; et augmentation de la mortalité chez les patients atteints de myélome multiple lorsque pembrolizumab est ajouté à un analogue de la thalidomide plus dexaméthasone, ce qui n’est pas recommandé en dehors d’essais contrôlés.