Deux avancées contre le diabète : une thérapie par cellules souches inverse un diabète de type 2, la metformine associée à une longévité accrue
Des scientifiques en Chine rapportent avoir inversé un diabète de type 2 chez une patiente grâce à une thérapie par cellules souches, tandis qu’une autre étude associe la metformine à une longévité exceptionnelle chez des femmes atteintes de diabète. Ces résultats restent préliminaires et nécessitent des essais plus vastes, notamment des essais randomisés contrôlés, avant toute conclusion causale.
Des scientifiques en Chine auraient inversé un diabète de type 2 chez une patiente grâce à une thérapie par cellules souches, tandis qu’une étude distincte suggère que la metformine pourrait être liée à une longévité exceptionnelle chez des femmes atteintes de la maladie. Ces deux avancées pourraient marquer un tournant dans la prise en charge du diabète, mais les experts appellent à la prudence en attendant des essais de plus grande ampleur.
Des chercheurs chinois ont utilisé une technologie à base de cellules souches pour créer des cellules des îlots pancréatiques productrices d’insuline, puis les ont transplantées chez une patiente atteinte de diabète de type 2. La patiente, auparavant dépendante de l’insuline, serait désormais sans traitement après avoir reçu ces cellules pancréatiques fabriquées en laboratoire, conçues pour rétablir une production naturelle d’insuline. Après le traitement, la patiente n’aurait plus eu besoin d’injections d’insuline ni d’autres médicaments antidiabétiques.
Le diabète de type 2 se développe lorsque l’organisme devient résistant à l’insuline et que, avec le temps, le pancréas ne parvient plus à produire suffisamment d’insuline pour maintenir une glycémie normale. En restaurant des cellules fonctionnelles productrices d’insuline, cette thérapie vise à corriger la cause profonde de la maladie plutôt que de simplement en gérer les symptômes.
Des experts médicaux soulignent qu’il s’agit apparemment d’un succès à un stade précoce. Davantage de patients doivent être étudiés. Des données de sécurité à long terme sont indispensables. On ignore à quel point l’effet sera durable au fil des années. Des préoccupations existent également concernant le coût, l’accessibilité, les risques de rejet immunitaire et la question de savoir si la thérapie fonctionnera chez tous les patients atteints de diabète de type 2.
Les médecins estiment qu’il est trop tôt pour parler de « guérison ». En médecine, une inversion observée chez une seule patiente ne signifie pas automatiquement une guérison permanente pour tous. Il est conseillé aux patients de ne pas arrêter leurs médicaments ni de modifier leur plan de traitement sans consulter leur médecin.
Les chercheurs devraient mener des essais plus larges afin d’évaluer l’efficacité dans différents groupes d’âge, l’indépendance durable vis-à-vis de l’insuline, le risque de complications et les autorisations réglementaires.
Dans une analyse distincte portant sur des femmes ménopausées atteintes de diabète de type 2, les investigateurs ont constaté que celles qui avaient commencé un traitement par metformine étaient plus susceptibles d’atteindre une « longévité exceptionnelle », c’est-à-dire de vivre au moins jusqu’à 90 ans. L’étude a comparé la metformine à une autre classe couramment utilisée de médicaments antidiabétiques : les sulfonylureas.
Les chercheurs ont constaté que les femmes ayant pris de la metformine présentaient un taux de décès avant 90 ans inférieur de 30% à celui des femmes ayant utilisé des sulfonylureas. Le hazard ratio était de 0.70, ce qui signifie que, pendant la période de l’étude, le groupe metformine avait un taux de décès avant 90 ans inférieur d’environ 30%.
L’équipe a utilisé une méthode appelée « target trial emulation », qui permet aux scientifiques d’analyser des données existantes comme s’ils menaient un essai randomisé. Ils se sont appuyés sur la Women's Health Initiative, une étude américaine de longue durée ayant inclus plus de 161,000 femmes dans les années 1990 et suivi leur santé pendant plus de 30 ans. Plus de 42,000 femmes y participent encore.
Au sein de ce vaste ensemble, les chercheurs ont sélectionné 438 femmes ménopausées qui ont développé un diabète de type 2 et commencé un traitement par metformine seule ou par sulfonylurea. Ils ont soigneusement ajusté les différences, telles que l’âge, les problèmes de santé et le mode de vie, afin de rendre les deux groupes aussi comparables que possible.
Les auteurs mettent en garde : « Because this comparison was not made to placebo in a randomized controlled trial and given the observational design with potential for residual confounding, causality cannot be inferred. » Les résultats montrent une association, et non la preuve que la metformine prolonge directement la vie. D’autres facteurs — comme des différences de sévérité de la maladie ou des habitudes de prescription — pourraient expliquer en partie ces résultats.
Les chercheurs évoquent souvent la metformine dans le contexte de la gériscience, un domaine qui étudie si le fait de cibler la biologie du vieillissement pourrait retarder plusieurs maladies à la fois. La metformine influence plusieurs processus liés au vieillissement, notamment la signalisation de l’insuline, le stress cellulaire et les dommages à l’ADN.
Les chercheurs proposent, pour l’avenir, une nouvelle étude appelée Targeting Aging with Metformin (TAME) trial afin d’évaluer si la metformine peut retarder l’apparition de plusieurs affections liées à l’âge chez des personnes âgées. Mais ils précisent que l’essai n’a pas encore commencé, faute de financement suffisant.
Le diabète de type 2 touche des centaines de millions de personnes dans le monde. Il augmente le risque de maladie cardiaque, d’AVC, d’insuffisance rénale, de lésions nerveuses et de perte de vision. La plupart des patients gèrent la maladie par l’alimentation, l’exercice, des médicaments par voie orale ou l’insulinothérapie. Un traitement qui rétablit une production naturelle d’insuline pourrait réduire de façon spectaculaire les complications à long terme et les coûts de santé.
En attendant que de grands essais cliniques confirment ces résultats, la prise en charge du mode de vie, les médicaments et l’insuline demeurent le standard de soins.