Des lacunes de prise en charge chez les personnes âgées atteintes de diabète de type 1, selon des registres américains et européens
Une étude portant sur 3600 adultes âgés atteints de diabète de type 1, issus de registres américains et européens, met en évidence d’importantes lacunes dans l’accès aux traitements cardiovasculaires recommandés par les lignes directrices et aux technologies du diabète, malgré une charge de morbidité élevée. Les différences entre registres concernent notamment l’usage des thérapies cardioprotectrices et l’adoption des pompes à insuline et des systèmes d’administration automatisée d’insuline.
Moins de la moitié des personnes âgées atteintes de diabète de type 1 reçoivent des traitements recommandés par les lignes directrices, notamment un traitement hypolipémiant en prévention secondaire et des technologies du diabète, malgré un risque élevé d’hypoglycémie et une forte prévalence de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse, selon des résultats publiés dans le Journal of the Endocrine Society.
Cette analyse comparative transversale a inclus 3600 adultes âgés d’au moins 60 ans, avec des âges médians de 67.5 ans dans le T1D Exchange Quality Improvement Collaborative (T1DX-QI; n=1549) et de 68.9 ans dans le registre Diabetes Prospective Follow-up (DPV; n=2051) aux États-Unis, en Autriche et en Allemagne.
Le registre DPV présentait une prévalence plus élevée de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (34.6% vs 16.8%) et de maladie rénale chronique (28.5% vs 11.8%) par rapport au T1DX-QI. L’utilisation de traitements cardioprotecteurs était également plus fréquente dans le DPV, notamment le traitement hypolipémiant en prévention secondaire (52.9% vs 38%) et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine/antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (55.3% vs 44.8%).
À l’inverse, l’adoption des technologies du diabète était en faveur du T1DX-QI, avec des taux similaires de surveillance continue du glucose (50.3% vs 47.9%), mais une utilisation nettement plus élevée des pompes à insuline (40.7% vs 17%) et de l’administration automatisée d’insuline (20.4% vs 6.4%).
Dans les deux registres, la prévalence de la maladie cardiovasculaire athéroscléreuse et de la maladie rénale chronique augmentait significativement avec l’avancée en âge (P <.001) et demeurait systématiquement plus élevée dans le DPV que dans le T1DX-QI. L’hyperlipidémie et l’hypertension artérielle touchaient plus de la moitié des participants dans les deux cohortes et ne différaient pas significativement selon les groupes d’âge.
Le tabagisme actuel était environ deux fois plus fréquent dans le DPV que dans le T1DX-QI (15.4% vs 7.4%). Dans le DPV, la prévalence du tabagisme diminuait nettement avec l’âge (21.4% à 2.1%; P <.001), tandis que dans le T1DX-QI, la consommation de tabac atteignait un pic chez les personnes âgées de plus de 80 ans (10%).
Malgré des bénéfices bien établis en matière de réduction des événements cardiovasculaires et de ralentissement de la progression de la maladie rénale, la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire dans le diabète de type 1 reste inconstante. Bien que l’utilisation de technologies avancées du diabète ait augmenté, leur adoption et les résultats de prise en charge chez les adultes de plus de 60 ans demeurent mal caractérisés en raison du manque de données spécifiques à l’âge.
Les limites de l’étude incluent un design observationnel, des données manquantes ou incomplètes, une possible sous-déclaration des complications, des informations limitées sur la durée du diabète et les facteurs socioéconomiques, ainsi qu’une généralisation plus restreinte du fait de registres issus de cliniques spécialisées.