La chimio-immunothérapie néoadjuvante montre une forte réponse pathologique dans le cancer épidermoïde du poumon
La chimio-immunothérapie néoadjuvante a montré un taux de réponse pathologique complète de 51,5 % chez 127 patients atteints d’un cancer épidermoïde du poumon résécable. Des effets indésirables liés au traitement de grade 3-4 sont survenus chez 11,8 % des patients.
La chimio-immunothérapie néoadjuvante a démontré des taux élevés de réponse pathologique avec une toxicité « gérable » chez des patients atteints de cancer épidermoïde du poumon résécable, selon des données présentées au European Lung Cancer Congress. Une étude de cohorte rétrospective multicentrique menée dans 16 centres médicaux en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni a inclus 127 patients ayant auparavant reçu au moins un cycle de chimio-immunothérapie néoadjuvante. Les chercheurs prévoient de poursuivre le suivi de la cohorte afin de confirmer les résultats d’efficacité à long terme.
À la suite de l’essai CheckMate 816, qui a conduit à l’approbation de la chimio-immunothérapie néoadjuvante pour le cancer du poumon non à petites cellules résécable, l’étude a évalué la réponse pathologique ainsi que l’incidence et la sévérité des effets indésirables d’origine immunitaire comme critères d’évaluation principaux. Les critères d’évaluation secondaires comprenaient les caractéristiques cliniques, démographiques et pathologiques, les effets indésirables associés au traitement, ainsi que la survie sans événement à 1 an et la survie globale.
L’étude a inclus 127 patients, dont 69,3 % d’hommes et 97,6 % de fumeurs actuels ou anciens. Les chercheurs ont observé un taux de réponse pathologique complète de 51,5 %. Le taux de survie sans événement à 1 an était de 75,6 % (IC à 95 %, 68,1-84) pour l’ensemble de la cohorte et de 96 % (IC à 95 %, 91-100) chez les patients ayant obtenu une réponse pathologique complète.
Au total, 13 patients ont présenté une rechute locale, 9 patients une rechute intrathoracique et 13 une rechute métastatique. Des effets indésirables liés au traitement de grade 3 à 4 sont survenus chez 11,8 % des patients, et des effets indésirables d’origine immunitaire de grade 3 chez 7,1 %. Dix patients ont interrompu le traitement ; pour 7 d’entre eux, l’arrêt était dû à la toxicité du traitement.
La plupart des patients ont reçu l’association carboplatine plus paclitaxel, alors que CheckMate 816 utilisait cisplatine plus gemcitabine. Une surveillance continue des effets indésirables immunitaires à long terme est nécessaire, et les chercheurs ont indiqué vouloir étudier le microenvironnement tumoral des non-répondeurs afin de comprendre pourquoi certains patients ne tirent pas bénéfice de ce schéma thérapeutique et comment les thérapies émergentes pourraient contribuer à moduler ce microenvironnement.