Le schéma anti-VIH à deux médicaments de Merck atteint le critère principal dans un essai de phase 3
Lors du CROI 2026, Merck a présenté les résultats de phase 3 de son schéma expérimental oral à prise quotidienne unique doravirine/islatravir (DOR/ISL) chez des adultes vivant avec le VIH-1. Dans l’essai MK-8591A-053, DOR/ISL a démontré la non-infériorité versus BIC/FTC/TAF, avec 91.8% de suppression virologique à la Semaine 48 chez des participants treatment-naïve.
Merck a annoncé la présentation des résultats de trois essais pivots de phase 3 évaluant le schéma expérimental, oral, à prise quotidienne unique, à deux médicaments doravirine/islatravir [DOR/ISL (100 mg/0.25 mg), (MK-8591A)] chez des adultes vivant avec le VIH-1. Les résultats ont été partagés lors de présentations de dernière minute à la 33e Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI), tenue à Denver.
L’essai clinique de phase 3 MK-8591A-053, randomisé, en double aveugle, évaluant DOR/ISL versus bictegravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide [(50 mg/200 mg/25 mg), (BIC/FTC/TAF)] chez des adultes vivant avec le VIH-1 n’ayant jamais reçu de traitement antirétroviral (treatment-naïve), a atteint son critère principal d’efficacité, à savoir le pourcentage de participants obtenant une suppression virologique (ARN du VIH-1 <50 copies/mL). Il a démontré la non-infériorité de DOR/ISL par rapport à BIC/FTC/TAF à la Semaine 48 : 91.8% et 90.6% respectivement (différence de traitement 1.2%, IC à 95% : -3.7, 6.2, p<0.001). Le profil de tolérance était similaire entre les deux groupes de traitement et conforme à celui observé dans les études précédentes.
Les événements indésirables (EI) liés au médicament et les arrêts de traitement dus à des EI liés au médicament étaient similaires entre les groupes (14% pour DOR/ISL et 18% pour BIC/FTC/TAF ; 1.1% pour DOR/ISL et 2.2% pour BIC/FTC/TAF, respectivement). Ces données, publiées simultanément dans The Lancet HIV, s’appuient sur les données de phase 3 précédemment rapportées chez des adultes présentant une suppression virologique du VIH-1 et serviront de base à de futures demandes réglementaires.
De nouvelles données à 96 semaines issues des essais de phase 3 MK-8591A-052 et MK-8591A-051 évaluant DOR/ISL vs. BIC/FTC/TAF ou le traitement antirétroviral de base (bART), chez des participants dont l’infection par le VIH-1 était virologiquement supprimée et qui ont été switchés vers DOR/ISL, ont également été présentées. Dans les deux essais, DOR/ISL a maintenu des taux élevés de suppression virologique à la Semaine 96 et a présenté un profil de tolérance similaire à celui de BIC/FTC/TAF et du bART.
Les données à 48 semaines issues de ces essais ont étayé la demande initiale d’autorisation de mise sur le marché (NDA) pour DOR/ISL dans le traitement de l’infection par le VIH-1 chez des adultes virologiquement supprimés sous un schéma antirétroviral stable ; la FDA américaine a fixé une date cible de décision au 28 avril 2026 pour le dossier, dans le cadre du Prescription Drug User Fee Act (PDUFA).
MK-8591A-053 est un essai clinique de phase 3 en cours, randomisé, en double aveugle, contrôlé par traitement actif, évaluant l’efficacité et l’innocuité de DOR/ISL expérimental, à prise quotidienne unique (100 mg/0.25 mg), versus BIC/FTC/TAF chez des adultes vivant avec une infection par le VIH-1 n’ayant jamais reçu de traitement antirétroviral. Les participants ont été randomisés 1:1 vers DOR/ISL (n=269) ou BIC/FTC/TAF (avec placebos correspondants) (n=267), avec stratification selon le nombre de lymphocytes T CD4+ au dépistage (<200 cells/mm³) et l’ARN du VIH-1 (>100,000 copies/mL).
Parmi l’ensemble des participants inclus dans l’essai, 36.8% présentaient un ARN du VIH-1 initial >100,000 copies/mL, 10.3% un ARN du VIH-1 >500,000 copies/mL et 17.2% un nombre initial de lymphocytes T CD4+ <200 cells/mm. À la Semaine 48, l’efficacité virologique, mesurée par le pourcentage de participants ayant un ARN du VIH-1 <50 copies/mL, était similaire dans les deux groupes de traitement, y compris chez les participants avec un ARN du VIH-1 initial >100,000 copies/mL (94.0% versus 87.6%, respectivement) et >500,000 copies/mL (90.3% versus 84.4%, respectivement).
Des EI liés au médicament ont été rapportés chez 14.1% des participants sous DOR/ISL et 18.0% sous BIC/FTC/TAF, et les arrêts de traitement dus à des EI (1.1% vs. 2.2%) étaient similaires dans les deux groupes. La reconstitution immunitaire était similaire avec DOR/ISL versus le comparateur, sans différence entre groupes concernant l’augmentation moyenne des numérations de lymphocytes T CD4+ ou de la numération totale des lymphocytes (TLC).
MK-8591A-052 est un essai clinique de phase 3, randomisé, en double aveugle, contrôlé par traitement actif, visant à évaluer l’efficacité et l’innocuité d’un switch vers DOR/ISL expérimental, à prise quotidienne unique (100 mg/0.25 mg), chez des adultes vivant avec une infection par le VIH-1 virologiquement supprimée sous BIC/FTC/TAF (50 mg/200 mg/25 mg). Dans cet essai, 513 adultes vivant avec le VIH-1, ayant une suppression virologique depuis trois mois ou plus sous BIC/FTC/TAF, sans antécédent d’échec thérapeutique et sans résistance connue à DOR, ont été randomisés (2:1) et soit switchés vers DOR/ISL (n= 342), soit maintenus sous BIC/FTC/TAF (n=171).
Le critère principal d’efficacité, à savoir le pourcentage de participants ayant un ARN du VIH-1 =50 copies/mL à la Semaine 48 (marge de non-infériorité 4%), a été atteint, démontrant la non-infériorité par rapport à BIC/FTC/TAF ; 1.5% des participants ayant switché vers DOR/ISL présentaient une charge virale de =50 copies/mL à la Semaine 48, contre 0.6% sous BIC/FTC/TAF (différence de traitement 0.9%, IC à 95% -1.9, 2.9). À la Semaine 96, DOR/ISL a continué de démontrer une efficacité similaire à celle de BIC/FTC/TAF ; 1.5% des participants sous DOR/ISL avaient une charge virale de =50 copies/mL, contre 1.2% des participants sous BIC/FTC/TAF.
Aux États-Unis, doravirine est approuvée pour le traitement des adultes vivant avec le VIH-1 en association avec d’autres antirétroviraux, comme agent unique (PIFELTRO) et comme composant d’un schéma en comprimé unique [DELSTRIGO; doravirine, lamivudine et ténofovir disoproxil fumarate (DOR/3TC/TDF)].