La recherche sur le syndrome de Lynch fait progresser la prévention des cancers et les essais vaccinaux
La recherche sur le syndrome de Lynch progresse et renforce la prévention des cancers, notamment grâce à la prise d’aspirine, à des essais vaccinaux et à un vaste programme d’observation en Amérique du Nord. Ces travaux visent à comprendre pourquoi certains patients développent un cancer tandis que d’autres restent protégés.
De nouvelles recherches sur le syndrome de Lynch — une mutation génétique pouvant augmenter le risque de plusieurs cancers, dont le cancer colorectal — débouchent sur des traitements et des essais cliniques pouvant aider les personnes porteuses du diagnostic à réduire leur risque de cancer.
Le syndrome de Lynch est la prédisposition génétique héréditaire la plus fréquente au cancer colorectal. Environ 10% de l’ensemble des patients atteints d’un cancer du côlon présentent une prédisposition génétique ou héréditaire ayant favorisé la survenue de ce cancer, et le syndrome de Lynch est le plus courant de ces syndromes génétiques.
Les stratégies visant à réduire le risque de cancer chez les patients atteints du syndrome de Lynch incluent l’encouragement à éviter des habitudes cancérogènes comme le tabagisme et la consommation excessive d’alcool, ainsi que la programmation de coloscopies à un âge plus précoce et à une fréquence plus élevée. Il a été constaté que la prescription d’aspirine réduit de 50% le risque à long terme de cancer du côlon chez les patients atteints du syndrome de Lynch. Dans cette étude de référence, les patients ont pris de l’aspirine pendant deux ans et, à partir de cinq ans, leur risque de cancer du côlon a commencé à diminuer. En suivant ces patients jusqu’à 20 ans, leur risque a été réduit de 50%. Dans la population générale, les patients doivent prendre de l’aspirine pendant au moins cinq ans, mais ils ne constatent un bénéfice qu’au bout de 20 ans. Comme l’aspirine comporte des risques à court terme, notamment des ulcères gastriques et un effet anticoagulant (fluidification du sang), elle n’est pas recommandée comme méthode de prévention du cancer dans la population générale.
Comme les cellules tumorales liées au syndrome de Lynch ont tendance à présenter des protéines anormales, elles peuvent souvent être traitées par une thérapie ciblée visant ces protéines, ce qui renforce le système immunitaire du patient afin de contribuer à les détruire. Comme ces protéines sont également présentes dans les cellules précancéreuses chez les patients atteints du syndrome de Lynch, les chercheurs testent désormais l’efficacité d’un vaccin pour les personnes atteintes du syndrome de Lynch, ciblant les cellules suspectes avant qu’elles n’aient l’occasion de devenir cancéreuses.
Le CU Anschutz Cancer Center participe à un essai de phase II visant à tester un vaccin chez des patients atteints du syndrome de Lynch. Le centre a achevé l’inclusion des participants en 2025 et se trouve désormais dans la phase de suivi. À ce stade, les chercheurs suivront les patients pendant deux ans pour voir s’ils développent des polypes colorectaux après la vaccination. L’étude est randomisée, de sorte que certains patients reçoivent un placebo.
À mesure que les chercheurs en apprennent davantage sur le syndrome de Lynch et sur la manière de détecter les changements génétiques qui en sont responsables, ils découvrent que toutes les personnes atteintes du syndrome de Lynch ne développent pas de cancer. L’University of Colorado dirige un effort nord-américain visant à observer prospectivement des personnes atteintes du syndrome de Lynch afin de comprendre leurs résultats à long terme.
Connu sous le nom de consortium Lynch syndrome INtegrative Epidemiology And GEnetics (LINEAGE) et mené sur 35 sites aux États-Unis et au Canada, l’étude examine des facteurs tels que la manière dont les patients ont été diagnostiqués, leurs facteurs de risque médicaux et d’autres pathologies, y compris des patients immunodéprimés et immunosupprimés, ainsi que des informations sur le mode de vie comme le niveau de stress et les habitudes. Les chercheurs prélèveront également des échantillons de tissus et de sang afin de commencer à élaborer des signatures biologiques du risque.