Genmab fait avancer un nouvel ADC ciblant SLITRK6 malgré des abandons antérieurs
Genmab fait avancer GEN1106, un ADC ciblant SLITRK6 acquis lors du rachat de ProfoundBio pour 1,8 milliard de dollars, vers une phase 1 malgré plusieurs abandons récents. Cette stratégie intervient alors que le seul autre ADC comparable, ASG-15E d’Astellas, a été arrêté en 2017 en raison de toxicités limitant la dose.
Genmab fait progresser en développement clinique une nouvelle molécule acquise lors de son rachat de ProfoundBio pour 1,8 milliard de dollars, signe que l’entreprise n’est pas prête à renoncer à valoriser les actifs issus de cette transaction malgré plusieurs abandons récents.
L’actif en question est PRO1106, désormais codé GEN1106, un ADC ciblant SLITRK6. Cette cible est très inhabituelle, car le seul autre projet industriel au mécanisme comparable est ASG-15E d’Astellas. Selon une nouvelle fiche sur clinicaltrials.gov, GEN1106 a démarré une phase 1 en février 2026, mais le précédent n’est pas très favorable : Astellas a abandonné ASG-15E en 2017.
ASG-15E manquait probablement de fenêtre thérapeutique. Une dose de 1mg/kg avait été retenue comme dose à poursuivre en phase 1, après avoir montré un taux de réponse de 38% dans le cancer de la vessie, mais des toxicités limitant la dose sont apparues dès 0.5mg/kg. SLITRK6 (NTRK-like protein 6) joue un rôle dans le développement neuronal, mais aucune autre entreprise n’a tenté de le cibler avec un ADC ou une autre modalité.
L’échec d’ASG-15E ne préjuge pas nécessairement du sort de GEN1106, car les deux projets diffèrent sur le plan structurel. ASG-15E provenait d’un accord conclu en 2007 entre Astellas et Seattle Genetics (désormais partie de Pfizer) et utilisait la charge utile MMAE de cette société, tandis que GEN1106 emploie un inhibiteur de la topoisomérase 1, vraisemblablement le même que celui utilisé dans le candidat principal de ProfoundBio, rinatabart sesutecan.
Rinatabart sesutecan, un ADC anti-FRα, reste bel et bien d’actualité, même si des données concurrentes, notamment de Lilly et AstraZeneca, pourraient le reléguer au second plan. Les ADC de ProfoundBio récemment abandonnés comprennent des molécules dirigées contre EGFR x cMet, CD70 et PTK7, et il n’est pas clair combien de ses autres projets, au-delà de GEN1106, pourraient encore être menés jusqu’à la clinique.
Parmi les autres entrants cliniques notables répertoriés dans la base clinicaltrials.gov entre le 12 et le 18 février 2026 figure BBI-940 de Boundless Bio, une molécule décrite comme un dégradeur oral de kinésine. L’entreprise indique que BBI-940 cible une kinésine jusque-là non « druggable » impliquée dans la ségrégation de l’ADN, y compris celle de l’ecDNA, durant la mitose. L’étude Komodo-1 dans le cancer du sein a débuté fin février 2026.
Boundless Bio est une biotech en difficulté, durement touchée par l’abandon de ses travaux sur l’inhibition de CHK1, le postulat sur lequel elle s’était introduite au Nasdaq en 2024. L’entreprise a réorienté son focus vers BBI-940 le mois dernier.
Parmi les entrants cliniques supplémentaires figurent l’anticorps monoclonal (MAb) anti-FGFR2b HWS116 de Humanwell et l’inhibiteur de PI3Kα GenSci145 de GeneScience. HWS116 partage son mécanisme avec bemarituzumab, l’actif qu’Amgen a acquis via son rachat de Five Prime Therapeutics pour 1,9 milliard de dollars. Bemarituzumab et HWS116 figurent parmi huit MAb anti-FGFR2b encore en développement.
GeneScience décrit GenSci145 comme un nouvel inhibiteur de PI3Kα sélectif des mutations. Cela fait suite à l’entrée en essais cliniques, en février 2026, de CGT6297 de Cogent, spécifique de la mutation H1047R.