L’analyse de la FAERS signale 13 médicaments systémiques associés à de forts signaux de déclaration d’uvéite

Une analyse de la base FAERS a identifié 13 médicaments systémiques approuvés par la FDA associés à des signaux de déclaration d’uvéite disproportionnellement élevés parmi 7 301 événements recensés entre 2003 et 2024. Les signaux les plus forts concernaient le cidofovir et la rifabutine, et les auteurs soulignent que ces résultats génèrent des hypothèses sans démontrer de lien causal.

Un nouvel examen de la base de données FAERS a identifié 13 médicaments systémiques approuvés par la FDA présentant des signaux de déclaration d’uvéite disproportionnellement élevés parmi 7 301 événements indésirables enregistrés entre 2003 et 2024. Les signaux de sécurité les plus marqués ont été observés pour le cidofovir et la rifabutine. Bien que ces résultats génèrent des hypothèses et ne permettent pas d’établir un lien de causalité, ils renforcent l’importance de surveiller l’inflammation oculaire chez les patients à risque lors de la prescription de traitements immunologiques, anti-infectieux ou oncologiques.

Parmi les étiologies de l’uvéite, des médicaments tels que les bisphosphonates, les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire et la moxifloxacine ont été identifiés comme des contributeurs potentiels à la maladie. Cependant, les recherches en population sur l’uvéite liée aux médicaments restent limitées. Les chercheurs ont réalisé des analyses de disproportionnalité en comparant les déclarations d’uvéite propres à chaque médicament au taux de déclaration de fond observé pour tous les autres médicaments de la base, et des rapports de cotes de déclaration avec intervalles de confiance à 95 % ont été calculés.

L’étude a inclus un total de 7 301 événements d’uvéite entre 2003 et 2024. L’âge moyen des patients figurant dans ces déclarations était de 49,9 ± 20 ans. Au total, 31,9 % des patients étaient des hommes, 49,3 % des femmes, et 18,8 % n’avaient pas renseigné leur sexe. La majorité des cas d’uvéite, soit 56,5 %, a été déclarée après 2022. La plus forte proportion de cas a été signalée en Amérique du Nord, avec 49,6 %, suivie de l’Europe avec 28,4 % et de l’Asie avec 11,5 %.

Selon les résultats, 13 agents pharmacologiques ont été identifiés comme étant associés de manière disproportionnée à des taux élevés de déclaration d’uvéite :

L’interprétation de ces associations doit tenir compte des indications sous-jacentes, qui peuvent à elles seules prédisposer les patients à une inflammation oculaire. Le cidofovir et le foscarnet sont des antiviraux principalement utilisés chez les personnes immunodéprimées, en particulier celles atteintes de rétinite à cytomégalovirus, où l’inflammation oculaire constitue une caractéristique intrinsèque du processus pathologique. La rifabutine et la moxifloxacin sont couramment prescrites dans des affections infectieuses, telles que les infections à complexe Mycobacterium avium et les infections respiratoires bactériennes, qui peuvent elles-mêmes déclencher une inflammation oculaire par des mécanismes immunitaires ou microbiens.

À l’inverse, les agents biologiques, les inhibiteurs de MEK et les inhibiteurs de BRAF sont principalement utilisés dans des contextes auto-immuns et oncologiques, notamment la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et le mélanome, où une dérégulation immunitaire ou une inflammation paranéoplasique peut se superposer aux effets liés au médicament. Distinguer l’uvéite associée à la maladie de l’uvéite induite par un médicament demeure donc difficile, ce qui souligne la nécessité d’intégrer les résultats de pharmacovigilance au contexte clinique dans les études futures.

Les patients les plus à risque comprennent ceux présentant des troubles auto-immuns ou inflammatoires préexistants, des antécédents d’inflammation oculaire, ou des étiologies infectieuses telles que la rétinite à cytomégalovirus. Les personnes recevant plusieurs agents immunomodulateurs ou cytotoxiques, ou celles présentant une dérégulation immunitaire liée au cancer, peuvent également avoir une susceptibilité accrue à l’uvéite induite par les médicaments. Les mécanismes proposés incluent le dépôt de complexes immuns, la dérégulation des points de contrôle immunitaire, le déséquilibre des cytokines et la toxicité oculaire directe.

Une revue de la littérature publiée sur l’uvéite induite par les médicaments a montré que 317 articles, représentant 690 cas patients uniques, répondaient aux critères d’inclusion pour une analyse des données au niveau des cas. L’âge moyen au début de l’uvéite induite par les médicaments était de 54,4 ans ; 63,4 % présentaient une atteinte bilatérale et 74,8 % une uvéite antérieure. Le délai moyen d’exposition entre la première dose et l’apparition de l’uvéite était de 197,2 jours, et le délai moyen de résolution était de 61,0 jours. Les antinéoplasiques, les vaccins, les antibiotiques, les collyres hypotenseurs, les bisphosphonates, les inhibiteurs du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire, les antiviraux et les traitements antirhumatismaux modificateurs de la maladie figuraient parmi les classes les plus fréquemment impliquées.

L’uvéite induite par les médicaments, bien que rare, recouvre un large éventail de présentations, de mécanismes et d’évolutions cliniques. Les limites de l’analyse de la FAERS comprenaient la déclaration volontaire, susceptible d’entraîner une sous-déclaration, une déclaration sélective et des données incomplètes. L’analyse de disproportionnalité identifie des associations potentielles, mais ne peut pas tenir compte du moment de l’exposition ni établir un lien de causalité, car elle repose sur des fréquences relatives de déclaration plutôt que sur un risque absolu.

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References

  1. Study Flags Systemic Medications Associated With Uveitis Risk - Review of Optometry · reviewofoptometry.com
  2. Study Flags Systemic Medications Associated With Uveitis Risk - Review of Optometry · reviewofoptometry.com
  3. Study Reveals New Safety Signals of Oxymetazoline Eye Drops for Blepharoptosis · reviewofoptometry.com
  4. Ocular Adverse Events From Antibody - Drug Conjugates Could Indicate a Survival Benefit · aao.org
  5. Rates of Drug-Induced Uveitis: A Review by Medication Class | OPTH · dovepress.com