Le brevet du semaglutide expire en mars 2026, les génériques indiens prêts à être lancés
Le brevet du semaglutide, principe actif d’Ozempic, expire le 20 mars 2026. Des laboratoires indiens se préparent à lancer des versions génériques dès le 21 mars 2026, avec des prix attendus 30 à 50 % inférieurs aux produits de marque, et des baisses pouvant atteindre 70 à 75 % à terme.
Le brevet du semaglutide expire le 20 mars 2026, ouvrant la voie aux fabricants de génériques pour entrer sur les marchés des médicaments anti-obésité et antidiabétiques. Des entreprises pharmaceutiques indiennes se préparent à lancer des versions génériques à partir du 21 mars 2026.
Plusieurs géants pharmaceutiques indiens ont obtenu des autorisations réglementaires et se positionnent pour une entrée précoce sur le marché. Sun Pharma prévoit une arrivée dès le premier jour avec sa marque Noveltreat, en s’appuyant sur sa position de leader dans les traitements cardiométaboliques. Dr. Reddy's Laboratories a reçu l’autorisation d’un Ozempic générique pour le diabète de type 2 et vise le lancement de 12 millions de stylos injecteurs au cours de sa première année. Zydus Lifesciences développe une version injectable différenciée. Eris Lifesciences et Natco Pharma ont formé une alliance stratégique en anticipation de la flambée du marché.
Les analystes estiment que les formulations génériques de semaglutide seront proposées à des prix nettement inférieurs, initialement 30 à 50 % moins chers que les marques innovantes, avec des baisses potentielles pouvant atteindre 70 à 75 % au fil du temps. Cette érosion des prix devrait démocratiser l’accès, faisant passer ces traitements du statut de luxe réservé aux plus aisés à une option viable pour une population plus large.
Le marché indien des traitements anti-obésité, actuellement évalué à environ ₹1,400 crore, devrait doubler au cours de l’année à venir et pourrait être multiplié par dix dans les années suivantes en raison d’une concurrence accrue et d’une adoption plus large. Le segment des GLP-1, à lui seul, a déjà dépassé ₹1,000 crore de ventes annuelles en Inde.
Sun Pharma affiche des indicateurs opérationnels incluant un ROCE de 18.97 % et un ROE de 15.66 %, mais son ratio P/E est élevé, allant de 33.9 à 103.36 début 2026, avec une faible croissance du chiffre d’affaires sur 3 ans rapportée. Dr. Reddy's Laboratories se négocie à un P/E d’environ 18.36. Zydus Lifesciences présente un P/E autour de 19.55, avec une forte croissance du chiffre d’affaires et du bénéfice, ainsi qu’un ROE solide de 31.29 %. Natco Pharma affiche l’un des P/E les plus bas à 10.36, associé à une forte croissance du bénéfice et à une situation quasi sans dette. Cipla maintient un P/E d’environ 23.57, tandis qu’Eris Lifesciences présente une valorisation plus élevée avec un P/E dépassant 40, voire 60, ainsi que des inquiétudes liées à une faible croissance du bénéfice au cours des trois dernières années.
Dans l’ensemble, le secteur pharmaceutique indien devrait enregistrer une croissance de 7 à 9 % en FY26, portée par la demande intérieure et les marchés européens, même si le marché américain fait face à des vents contraires liés aux pressions sur les prix.
La guerre des prix imminente pose des risques importants pour la rentabilité. La concurrence intense pourrait entraîner une compression des marges dans l’ensemble du secteur, en particulier pour les entreprises qui ne parviennent pas à réaliser des économies d’échelle ou à différencier leurs offres au-delà de génériques de base. La course à la conquête de parts de marché pourrait également conduire à des dépenses agressives en forces de vente et en marketing, ce qui pourrait compenser une partie des avantages de coûts obtenus grâce à la production de génériques.