Journée mondiale des réfugiés : les soins oncologiques pour les réfugiés constituent une crise sanitaire mondiale
Une revue systématique de 2025 portant sur 561 850 réfugiés révèle d'importantes variations du fardeau du cancer et des obstacles aux soins. Le diagnostic à un stade avancé est fréquent, et les lacunes de financement de l'UNHCR en Jordanie soulignent des limites de ressources.
À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, la communauté internationale reconnaît les personnes contraintes de fuir les conflits, les persécutions et les catastrophes. Parmi elles, des patients dont le diagnostic, le traitement et le suivi du cancer sont perturbés par le déplacement. Le cancer représente un défi important mais souvent sous-estimé dans la santé des réfugiés.
Une revue systématique et méta-analyse de 2025 a rassemblé des données provenant de 29 études portant sur 561 850 réfugiés dans 12 pays d'accueil. Les résultats montrent d'importantes variations du fardeau du cancer, d'importantes lacunes dans les données et des obstacles persistants à la prévention, au diagnostic précoce, au traitement et à la continuité des soins. Dans les études incluses, la prévalence du cancer variait de 0,5 % à 13,3 %, reflétant des différences majeures dans les caractéristiques des populations, les systèmes de santé des pays d'accueil, les méthodes d'étude et l'accès au diagnostic.
Le cancer du sein était le type de cancer le plus fréquemment rapporté, représentant 25,4 % des cas. Les leucémies représentaient 16,9 %, les cancers du système nerveux central 7,0 % et le cancer du poumon 4,8 %. Ces chiffres ne définissent pas un profil universel du cancer pour toutes les communautés de réfugiés, mais ils soulignent la nécessité de services d'oncologie qui répondent à la fois aux cancers courants de l'adulte et aux cancers pédiatriques.
L'une des constatations les plus préoccupantes de la littérature est la fréquence des présentations à un stade avancé. Dans les études portant sur les réfugiés syriens en Turquie, entre 68 % et 76,4 % des patients ont été diagnostiqués avec une maladie de stade III ou IV. Il ne s'agit pas d'une estimation mondiale groupée, mais cela illustre comment le déplacement peut retarder le diagnostic et limiter l'accès à un traitement rapide. Une présentation à un stade tardif peut résulter de multiples obstacles qui se recoupent : sensibilisation limitée au cancer, barrières linguistiques, difficultés de transport, difficultés financières, absence de documents, filières d'orientation fragmentées et priorités concurrentes telles que le logement, la sécurité alimentaire et la sécurité.
Un diagnostic plus précoce n'est pas réalisable uniquement par le dépistage. Cependant, des soins primaires accessibles, la sensibilisation aux symptômes, des systèmes d'orientation appropriés, des programmes de vaccination et des stratégies de détection précoce adaptées au contexte peuvent contribuer à réduire les retards évitables. Les soins du cancer sont coûteux, complexes et sensibles au facteur temps. Ils nécessitent un accès à l'anatomopathologie, à l'imagerie, à la chirurgie, au traitement systémique, à la radiothérapie, aux soins de soutien et au suivi. Dans les contextes humanitaires, ces services sont souvent fragmentés ou indisponibles.
Les données des comités de soins exceptionnels de l'UNHCR en Jordanie illustrent les décisions difficiles qui peuvent survenir lorsque le financement est limité. Entre 2010 et 2012, 511 demandes de traitement du cancer ont été examinées, mais seulement 246 ont été approuvées. Le principal motif de refus était un mauvais pronostic, reflétant un contexte dans lequel des ressources limitées devaient être allouées entre des patients présentant des besoins à coût élevé. Une analyse ultérieure de la Jordanie a montré que, entre 2016 et 2017, seulement 40 % des 289 demandes de traitement du cancer examinées par le comité de soins exceptionnels de l'UNHCR ont été approuvées et financées. Ces chiffres doivent être compris comme des données historiques spécifiques au contexte jordanien.
Les réponses humanitaires se sont historiquement concentrées sur les infections aiguës, la malnutrition, les traumatismes et la santé maternelle et infantile. Pourtant, de nombreuses personnes déplacées vivent désormais pendant des années dans des communautés d'accueil et nécessitent des soins continus pour des maladies non transmissibles, y compris le cancer. Pour les personnes vivant avec un cancer, devenir réfugié peut signifier plus que quitter son foyer. Cela peut impliquer de perdre l'accès au diagnostic, aux dossiers de traitement, aux médicaments, aux soins spécialisés et au suivi à long terme, ce qui fait de l'accès équitable aux soins oncologiques une composante essentielle de la réponse humanitaire.
Observée chaque année le 20 juin, la Journée mondiale des réfugiés est une journée internationale des Nations Unies qui honore la force, le courage et la résilience des personnes contraintes de fuir leur foyer en raison de conflits, de violences ou de persécutions. Marquée pour la première fois au niveau mondial en 2001, elle attire également l'attention sur les droits, la sécurité, la dignité et la capacité des réfugiés à reconstruire leur vie. Un réfugié est une personne qui a quitté son pays parce qu'elle ne peut pas y rester en sécurité et a demandé une protection dans un autre pays. En vertu de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, le statut de réfugié est lié à une crainte fondée de persécution en raison de facteurs tels que la race, la religion, la nationalité, l'opinion politique ou l'appartenance à un groupe social particulier.