Revirement de la FDA sur le vaccin antigrippal de Moderna : abandon de l’exigence de deux études pour l’autorisation des médicaments

La FDA a accepté d’examiner la demande de Moderna pour un vaccin antigrippal à mRNA après un refus initial de dépôt, à la suite d’un ajustement de la stratégie réglementaire et de l’engagement de mener une étude supplémentaire chez les personnes âgées. Par ailleurs, l’agence annonce qu’elle abandonnera l’exigence historique de deux études cliniques, faisant d’une seule étude la norme par défaut pour l’autorisation de nouveaux médicaments.

The Food and Drug Administration a fait volte-face et a accepté d’examiner, selon une approche révisée, la demande de Moderna pour le premier vaccin antigrippal à base de mRNA, a annoncé l’entreprise mercredi. Moderna s’est vu attribuer une date cible PDUFA (Prescription Drug User Fee Act) au 5 août 2026, le vaccin pouvant être disponible pour les adultes américains de 50 ans et plus pour la saison grippale 2026-2027.

Après avoir reçu de la FDA une lettre de Refusal-to-File (RTF), Moderna a programmé une réunion de type A et proposé une approche réglementaire révisée pour le vaccin. La voie proposée était fondée sur l’âge : une autorisation pour les adultes de 50 à 64 ans et une autorisation accélérée pour les adultes de 65 ans et plus, assortie, après la mise sur le marché, de l’obligation de conduire une étude supplémentaire chez les personnes âgées. L’entreprise a rencontré la FDA et l’agence a accepté d’examiner le vaccin après que Moderna a accepté de mener une étude additionnelle chez les personnes plus âgées.

Les lettres RTF sont rares ; selon une étude de 2021 portant sur 2 475 demandes, seules 4 % ont reçu une lettre RTF. En outre, les réunions de type A sont réservées aux problèmes urgents. Lorsqu’une demande de réunion de type A est soumise, la FDA est tenue de répondre dans un délai de 14 jours et, si elle l’accorde, de planifier la réunion dans les 30 jours. Moderna n’a demandé une réunion qu’il y a huit jours.

La FDA avait initialement refusé d’examiner le dossier en raison d’un désaccord sur la conception de l’essai de Moderna. La question portait sur le bras comparateur, dans lequel Moderna a utilisé un vaccin antigrippal standard plutôt qu’un vaccin à forte dose ou adjuvanté, recommandé de préférence pour les adultes de 65 ans et plus. Moderna a reconnu que, si la FDA recommandait d’inclure ce vaccin dans son essai, l’agence n’avait pas indiqué qu’elle refuserait d’examiner le vaccin à mRNA si l’essai se déroulait comme prévu.

Par ailleurs, la Food and Drug Administration prévoit d’abandonner sa norme de longue date consistant à exiger deux études rigoureuses pour obtenir l’autorisation de nouveaux médicaments. À l’avenir, la « position par défaut » de la FDA sera d’exiger une seule étude pour les nouveaux médicaments et autres produits de santé innovants, ont écrit le commissaire de la FDA et un haut responsable adjoint dans un article du New England Journal of Medicine publié mercredi.

Cette annonce constitue le dernier exemple en date d’une évolution de normes et procédures de la FDA de longue date, avec pour objectif affiché de réduire la bureaucratie et d’accélérer la mise à disposition de nouveaux médicaments. Depuis son arrivée à l’agence en avril dernier, le commissaire de la FDA a lancé une série de directives qui, selon lui, raccourciront les examens de la FDA, notamment en imposant l’utilisation de l’intelligence artificielle par les agents et en proposant des évaluations de médicaments sur un mois pour de nouveaux traitements répondant à des « intérêts nationaux ».

Dans leur article publié mercredi, les responsables de la FDA indiquent que l’abandon de l’exigence de deux essais reflète des avancées modernes ayant rendu la recherche pharmaceutique « de plus en plus précise et scientifique ». « Dans ce contexte, une dépendance excessive à deux essais n’a plus de sens », écrivent-ils. « En 2026, il existe des moyens alternatifs puissants d’être assurés que nos produits aident les personnes à vivre plus longtemps ou mieux que d’exiger des fabricants qu’ils les testent encore une fois. » Les responsables de la FDA ont prédit que ce changement entraînerait « une flambée du développement de médicaments ».

L’ancien directeur des médicaments de la FDA a déclaré que ce changement est logique et reflète l’évolution, sur plusieurs décennies, de la FDA vers le recours à un seul essai, associé à des éléments probants à l’appui, pour diverses maladies mettant la vie en danger, dont le cancer. « Sur le plan scientifique, l’argument est pertinent : à mesure que nous comprenons mieux la biologie et les maladies, nous n’avons pas besoin de faire deux essais tout le temps », a déclaré l’ancien directeur, qui a dirigé le centre des médicaments de la FDA pendant environ 20 ans avant de prendre sa retraite en 2024.

La norme des deux études pour les médicaments remonte au début des années 1960, lorsque le Congrès a adopté une loi imposant à la FDA d’examiner des données issues d’« investigations adéquates et bien contrôlées » avant d’autoriser de nouveaux médicaments. Pendant des décennies, l’agence a interprété cette exigence comme signifiant au moins deux études, de préférence avec un grand nombre de patients et une durée de suivi importante. La raison de l’exigence d’une seconde étude était de confirmer que les résultats du premier essai n’étaient pas le fruit du hasard et pouvaient être reproduits.

Mais à partir des années 1990, la FDA a de plus en plus commencé à accepter des études uniques pour l’autorisation de traitements de maladies rares ou mortelles, que les entreprises ont souvent du mal à tester sur de grands effectifs de patients. Au cours des cinq dernières années, environ 60 % des médicaments « first-in-class » autorisés chaque année l’ont été sur la base d’une seule étude. Cette évolution reflète des lois adoptées par le Congrès qui ont demandé aux régulateurs de faire preuve de davantage de souplesse lors de l’examen de médicaments destinés à des affections graves ou difficiles à traiter.

La nouvelle politique annoncée mercredi aura principalement un impact sur les médicaments destinés aux maladies courantes qui, auparavant, n’étaient pas éligibles à des normes d’essais réduites. « Ce ne sont pas les cancers ni les maladies rares qui seront touchés par cela », a noté l’ancien directeur des médicaments. « L’agence les autorise déjà sur la base d’un seul essai. »

La dernière approche de la direction de la FDA contraste avec les actions récentes de l’agence concernant les vaccins, les thérapies géniques et d’autres traitements. La division des vaccins de la FDA a rejeté une série de thérapies géniques expérimentales et de médicaments biotechnologiques, invoquant la nécessité d’études supplémentaires ou de preuves plus définitives. Cette tendance a pesé sur les actions de nombreuses entreprises de biotechnologie et s’est heurtée aux déclarations publiques faisant la promotion de la rapidité et de la flexibilité des examens de la FDA.

L’ancien directeur des médicaments a déclaré que l’industrie pharmaceutique devra attendre de voir si l’approche de la FDA à l’égard de thérapies expérimentales prometteuses change. « Tout dépendra de la mise en œuvre », a-t-elle déclaré. « Étant donné que l’approche de l’agence n’est pas claire, et que l’industrie est déjà perplexe, je ne pense pas que cela apporte un éclairage supplémentaire. »

Les vaccins à mRNA sont plus rapides à développer que les vaccins traditionnels. À 15 h 30 (EST) le 18 février, l’action Moderna progressait de 5,74 % sur la séance, gagnant 2,52 $ à 46,45 $.

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References

  1. FDA reverses course, agrees to review Moderna's mRNA flu vaccine · www.drugdiscoverytrends.com
  2. FDA will drop two-study requirement for new drug approvals, aiming to speed access · www.seattletimes.com
  3. FDA Changes Drug Approval Rules, Will Require Just One Study Instead of Two · www.finedayradio.com
  4. FDA will drop two-study requirement for new drug approvals , aiming to speed access · www.wral.com
  5. FDA will review Moderna mRNA flu vaccine , reversing recent decision · www.washingtonpost.com