Des études mettent en lumière la diversité des objectifs de reconstruction et de nouvelles techniques de mastectomie préservant la sensibilité
Des recherches montrent que les objectifs de la reconstruction mammaire après mastectomie dépassent souvent la simple restauration physique. De nouvelles techniques visant à préserver la sensibilité du thorax et du mamelon sont prometteuses, mais elles font encore l’objet d’études et ne sont pas encore largement disponibles.
Les femmes ayant recours à une reconstruction mammaire après mastectomie poursuivent des objectifs variés qui ne se limitent pas nécessairement à la restauration physique, selon des résultats publiés dans Clinical Breast Cancer. À partir de 2018, certains chirurgiens ont commencé à utiliser de nouvelles techniques pour préserver et réparer les nerfs sensitifs de la poitrine lors d’une mastectomie ou d’une reconstruction mammaire différée, et ils ont constaté que, chez certaines patientes, ces techniques pouvaient restaurer avec succès la sensibilité de la région mammaire et des mamelons et prévenir les douleurs chroniques liées à des lésions nerveuses.
Une analyse transversale par méthodes mixtes a évalué les objectifs de la reconstruction mammaire chez des femmes ayant participé au bras de préférence concernant la technique de reconstruction de l’essai GoBreast II (NCT06195865), mené dans un hôpital universitaire en Suède. Avant l’intervention, les patientes avaient participé à une consultation PEGASUS afin de clarifier leurs objectifs. L’équipe de recherche a évalué des comparaisons portant sur la technique de reconstruction, le moment de l’intervention et l’indication de la mastectomie.
Au total, 89 femmes ont participé à l’étude, avec un âge médian de 48 ans, dans une fourchette de 26 à 72 ans. La majorité des patientes, soit 60 %, subissaient une mastectomie thérapeutique, tandis que 40 % subissaient une mastectomie de réduction du risque. Au total, 36 participantes subissaient une mastectomie bilatérale de réduction du risque avec reconstruction mammaire immédiate, 11 une mastectomie thérapeutique unilatérale avec reconstruction mammaire immédiate, et 42 une mastectomie thérapeutique unilatérale avec reconstruction mammaire différée.
Les chercheurs ont identifié cinq grandes catégories d’objectifs : retrouver une sensation, simplement vouloir retrouver son sein, souhaits esthétiques, considérations pratiques et le processus. Retrouver une sensation et simplement vouloir retrouver son sein étaient les catégories les plus marquantes. Les objectifs liés aux souhaits esthétiques ont été rapportés plus fréquemment chez les femmes choisissant une reconstruction par implant que chez celles ayant choisi une reconstruction autologue (P = .049). Celles qui avaient choisi de différer la reconstruction exprimaient davantage d’objectifs associés à des considérations pratiques, par rapport à celles bénéficiant d’une reconstruction immédiate (P < .001).
Les femmes subissant une mastectomie bilatérale à visée de réduction du risque avaient tendance à exprimer des objectifs davantage liés aux souhaits esthétiques (P = .004) et moins d’objectifs liés à des considérations pratiques (P < .001) que ce qui a été observé chez les femmes subissant des interventions thérapeutiques unilatérales. Ces résultats fournissent une base pour de futures recherches, notamment des études longitudinales reliant les objectifs préopératoires à la satisfaction postopératoire, aux résultats psychosociaux et à la qualité de vie.
De nombreuses personnes qui subissent une mastectomie sont surprises et bouleversées de constater qu’elles ont ensuite peu ou pas de sensibilité dans la poitrine, car les nerfs qui assurent la sensibilité du sein et du mamelon sont sectionnés ou endommagés lorsque le tissu mammaire est retiré de manière traditionnelle. Cela peut entraîner un engourdissement permanent de la poitrine et, dans certains cas, des douleurs dues à des lésions nerveuses. Les mastectomies préservant la sensibilité constituent une option plus récente qui fait encore l’objet d’études et d’améliorations, et les chirurgiens ne s’accordent pas tous sur son efficacité.
La principale question autour des mastectomies préservant la sensibilité est de savoir si elles permettent de restaurer une sensibilité suffisante. Il n’existe pas encore d’études à long terme évaluant les taux de récidive chez les personnes ayant subi ce type de mastectomie, car ces procédures sont très récentes, bien que la plupart des chirurgiens les considèrent comme sûres. Davantage de chirurgiens mammaires et plasticiens sont formés à la réalisation de mastectomies préservant la sensibilité, mais ces procédures ne sont pas encore largement disponibles.
Là où elles sont proposées, de nombreuses personnes devant subir une mastectomie peuvent en bénéficier, selon la localisation et le stade d’éventuelles tumeurs dans le sein. L’intervention est le plus souvent réalisée chez des personnes bénéficiant d’une mastectomie avec conservation du mamelon et d’une reconstruction mammaire par implants ou lambeaux. Elle est généralement effectuée au moment de la mastectomie, bien qu’elle puisse aussi être réalisée lors d’une intervention distincte, le plus souvent dans le cadre d’une reconstruction par lambeau, jusqu’à un an plus tard.