Syndrome auto-immun à l'insuline associé à une thyroïdite de Hashimoto traité par prednisolone
Un rapport de cas décrit une femme de 63 ans atteinte d'un syndrome auto-immun à l'insuline et d'une thyroïdite de Hashimoto, présentant une hypoglycémie aussi basse que 27 mg/dL. L'élévation de l'insuline et des titres d'auto-anticorps a confirmé le diagnostic. Le traitement par prednisolone a rapidement amélioré la stabilité glycémique et la patiente est restée euglycémique après la diminution progressive des doses.
Un rapport de cas décrit une femme blanche de 63 ans présentant un syndrome auto-immun à l'insuline (SAI) associé à une thyroïdite de Hashimoto et à une maladie thyroïdienne nodulaire, dont l'hypoglycémie récurrente a été résolue par un traitement par prednisolone. Le SAI est une cause rare d'hypoglycémie hyperinsulinémique spontanée caractérisée par des titres élevés d'auto-anticorps anti-insuline en l'absence d'exposition antérieure à l'insuline. Il est plus fréquemment rapporté dans les populations asiatiques et est souvent associé à d'autres maladies auto-immunes, tandis que les cas chez les patients blancs restent rares.
La patiente présentait une hypoglycémie symptomatique récurrente, avec une glycémie plasmatique aussi basse que 27 mg/dL. Les épisodes s'accompagnaient de sueurs et d'une perte de conscience transitoire. Plusieurs semaines avant le premier épisode d'hypoglycémie, elle a présenté un épisode unique d'éruption cutanée prurigineuse, qui s'est résolu spontanément. La patiente n'avait jamais été exposée à l'insuline ni à des médicaments contenant des groupes sulfhydryle.
L'évaluation biologique a révélé des concentrations d'insuline nettement élevées (atteignant 19 300 μU/mL), des taux de peptide C augmentés et un titre d'auto-anticorps anti-insuline de 99,9 %. L'IRM abdominale a exclu un insulinome. La surveillance flash continue du glucose a montré des épisodes hypoglycémiques nocturnes et postprandiaux fréquents. Des examens complémentaires ont confirmé une thyroïdite de Hashimoto et un nodule thyroïdien bénin.
La prise en charge a inclus une modification du régime alimentaire avec des repas fréquents et de petite taille, ainsi qu'une restriction en glucides. Ces mesures étant insuffisantes, la prednisolone a été initiée, entraînant une amélioration rapide de la stabilité glycémique. La dose de corticoïdes a été diminuée progressivement sur 4 mois, et la patiente est restée euglycémique.
Le SAI doit être envisagé chez les patients présentant une hypoglycémie hyperinsulinémique inexpliquée afin d'éviter une évaluation invasive inutile à la recherche d'un insulinome. Lorsque les mesures diététiques seules sont insuffisantes, un traitement par prednisolone est efficace. Compte tenu de la coexistence fréquente du SAI avec d'autres troubles auto-immuns, un dépistage systématique est recommandé, et les découvertes thyroïdiennes fortuites dans le cadre d'une thyroïdite auto-immune justifient une évaluation attentive afin d'exclure une malignité.