Le Mounjaro d’Eli Lilly porte la croissance mondiale tandis que l’Inde devient un pôle stratégique de production

Le médicament amaigrissant Mounjaro d’Eli Lilly a dopé la croissance du groupe, avec des ventes doublées en Inde en quelques mois et une progression spectaculaire au Brésil. Parallèlement, Lilly investit 1 milliard de dollars dans la fabrication sous contrat en Inde afin d’en faire un hub d’exportation pour sa chaîne d’approvisionnement mondiale.

Eli Lilly veut faire de l’Inde un pôle de sa chaîne d’approvisionnement mondiale dans le cadre de l’investissement de 1 milliard de dollars qu’il a déjà engagé dans la sous-traitance de fabrication dans le pays. Les ventes du médicament vedette contre la perte de poids Mounjaro ont doublé en quelques mois après son lancement dans ce pays d’Asie du Sud et il est devenu son médicament le plus vendu en valeur, soulignant la popularité croissante des traitements de l’obésité dans un pays qui devrait compter la deuxième plus grande population obèse au monde d’ici 2050.

L’entreprise, qui n’exploite actuellement aucune usine de fabrication en propre en Inde, prévoit d’exporter des médicaments produits localement vers des marchés du monde entier dans le cadre de son réseau d’approvisionnement plus large, en s’appuyant sur la solide infrastructure de fabrication sous contrat du pays. Le président et directeur général a déclaré que l’entreprise continuerait d’examiner cet investissement et d’en accroître l’ampleur au fil du temps, refusant de citer des sous-traitants ou d’évoquer des projets d’usine dédiée.

Sur le marché brésilien de la pharmacie de détail, le chiffre d’affaires d’Eli Lilly a augmenté de 611% en glissement annuel en 2025, soit la plus forte progression parmi les laboratoires interrogés l’an dernier. Les ventes d’Eli Lilly ont été multipliées par plus de sept sur le marché brésilien de la pharmacie de détail en 2025, l’année où le laboratoire américain a lancé dans le pays son injection amaigrissante Mounjaro. Cette performance a permis à l’entreprise de dépasser Sanofi et de s’emparer de la шестième place du classement des revenus de la pharmacie de détail au Brésil, qui suit les 20 principales entreprises opérant sur le marché.

Selon une enquête de FarmaBrasil, fondée sur des données d’IQVIA, le marché brésilien de la pharmacie de détail a généré environ 128,6 milliards de R$ de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 12% par rapport à 2024. Un rapport de Citi indique que la taille du marché brésilien du tirzepatide — le principe actif de Mounjaro — est actuellement déterminée principalement par la disponibilité des produits plutôt que par la demande. Citi estime que les ventes de Mounjaro contribueront néanmoins à soutenir une forte croissance du marché brésilien des GLP-1. Dans le scénario de base, le marché total pourrait atteindre jusqu’à 36 milliards de R$ de ventes d’ici 2030, porté non seulement par une reprise des ventes de Mounjaro, actuellement limitées par l’approvisionnement, mais aussi par la démocratisation attendue de l’accès au semaglutide à la suite de l’arrivée de génériques en mars 2026.

La solide performance d’Eli Lilly au Brésil en 2025 reflète en partie son élan mondial. L’an dernier, l’entreprise a atteint une capitalisation boursière mondiale de 1 000 milliards de dollars, devenant la première du secteur à franchir ce cap. Sur la période, elle a publié un bénéfice net de 20,7 milliards de dollars, en hausse de 95% par rapport à 2024, tandis que le chiffre d’affaires a progressé de 45% à 65,1 milliards de dollars.

L’entreprise prévoit aussi d’introduire en Inde d’autres produits, notamment son médicament contre la maladie d’Alzheimer donanemab et de potentiels futurs traitements de l’obésité tels que son médicament oral expérimental de perte de poids orforglipron, sous réserve d’autorisations réglementaires. Lilly met l’accent sur le renforcement des campagnes numériques et sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser à l’obésité et d’étendre la présence de Mounjaro dans les petites villes indiennes. Elle a élargi sa distribution au-delà des grandes métropoles grâce à des partenariats, notamment avec le laboratoire indien Cipla et avec des plateformes de santé numérique Tata 1MG, Practo et Apollo.

En Inde, Lilly est en concurrence avec le laboratoire danois Novo Nordisk, qui fabrique Wegovy. Le pays le plus peuplé du monde devrait connaître cette année un boom des médicaments amaigrissants, alors que des entreprises locales se précipitent pour lancer des versions génériques moins chères de Wegovy après l’expiration, le mois prochain, du brevet de Novo sur le semaglutide en Inde. Novo a réduit le prix de Wegovy jusqu’à 37% l’an dernier afin de défendre ses parts de marché.

Le président et directeur général a balayé les inquiétudes quant à une pression similaire sur Mounjaro, affirmant que la composition du médicament offrait une efficacité supérieure et lui permettrait de rester compétitif. L’entreprise l’a fixé à un prix reflétant sa valeur et estime qu’il est correctement tarifé.

Tirzepatide est vendu sous le nom de marque Mounjaro comme médicament contre le diabète et sous Zepbound pour le traitement de l’obésité. Alors que les entreprises pharmaceutiques tentent de sensibiliser à l’obésité et incitent les Indiens à consulter leur médecin pour un traitement approprié, l’All India Organisation of Chemists and Druggists (AIOCD) a demandé à ses 12,4 lakh membres – chimistes, pharmaciens et distributeurs – de veiller à ce que les médicaments contre l’obésité et le diabète de la classe des GLP-1 (glucagon-like peptide-1), y compris les injectables, soient vendus strictement sur présentation d’une ordonnance valide émise par un praticien médical qualifié.

Dans une lettre datée du 4 mars, le président et le secrétaire général de l’AIOCD ont averti que l’utilisation non supervisée des médicaments GLP-1 peut entraîner de graves complications de santé et des effets indésirables. En appelant les chimistes à respecter des normes éthiques, ils ont demandé à tous de ne pas délivrer de médicaments GLP-1 et d’injectables, ni aucun médicament inscrit sur une liste réglementée, sans ordonnance valide et en bonne et due forme. Ils ont également demandé aux chimistes de tenir des registres appropriés conformément à la loi et de ne pas accepter d’ordonnances téléphoniques, verbales ou incomplètes. La lettre avertissait que tout écart pourrait entraîner des mesures réglementaires strictes et nuire à la réputation de la profession pharmaceutique.

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References

  1. As demand increases, chemists' body reminds members to sell obesity, diabetic GLP-1 ... · fortuneindia.com
  2. Mounjaro drives sevenfold sales growth at Eli Lilly | Business | valorinternational · valorinternational.globo.com
  3. Lilly targets India as global export hub amid booming Mounjaro sales, executive says · reuters.com