Un essai de phase 2 met en évidence des effets antidépresseurs rapides du DMT dans la dépression majeure
Un essai contrôlé randomisé de phase 2a montre qu’une dose intraveineuse unique de DMT (SPL026), associée à un soutien psychothérapeutique, réduit significativement les symptômes du trouble dépressif majeur. Les effets antidépresseurs étaient rapides et ont été suivis jusqu’à 6 mois, avec une tolérance globalement favorable.
Les symptômes du trouble dépressif majeur ont été significativement réduits après une intervention psychédélique à courte durée d’action, selon un nouvel essai contrôlé randomisé de phase 2a. Dans cette étude en double aveugle, contrôlée par placebo, 34 adultes présentant un TDM modéré à sévère ont reçu soit une dose intraveineuse unique de 21,5 mg de DMT (SPL026; fumarate de DMT) perfusée sur 10 minutes, soit un placebo, en association à un soutien psychothérapeutique structuré.
À 2 semaines, les participants recevant la thérapie par DMT ont présenté une réduction significativement plus importante du score à l’échelle de Montgomery–Åsberg (MADRS) par rapport au placebo (différence moyenne : −7,35 ; IC à 95 % : −13,62 à −1,08 ; p=0,023). Dans la semaine suivant le premier traitement, le groupe DMT a présenté en moyenne une baisse du score MADRS supérieure de 10,8 points à celle observée dans le groupe placebo.
L’essai a inclus 34 participants d’un âge moyen de 32,8 ans, ayant souffert de dépression pendant, en moyenne, 10,5 ans. Dans l’essai clinique, la moitié des patients a reçu deux doses de DMT, espacées de deux semaines, tandis que l’autre moitié a reçu une dose de placebo suivie du psychédélique. Les patients et le personnel étaient en aveugle pour la première dose, mais tous savaient qu’ils recevraient le médicament actif lors de la deuxième visite.
Après la phase en aveugle, tous les participants se sont vu proposer une séance de DMT en ouvert. Dans cette phase, les effets antidépresseurs se sont maintenus jusqu’à 3 mois, sans différence significative entre ceux ayant reçu une dose versus deux doses. Le groupe placebo a montré une amélioration des symptômes similaire à celle observée dans le groupe traité lors de la première étape, mais aucune amélioration supplémentaire n’a été constatée dans le groupe ayant reçu deux traitements. Les chercheurs suggèrent qu’une dose unique pourrait suffire à obtenir l’effet antidépresseur.
Les chercheurs ont suivi les participants à intervalles réguliers pendant 3 mois, les participants remplissant le MADRS à 1, 2, 3, 4, 6 et 14 semaines, ainsi qu’à 6 mois après le premier traitement. Selon les chercheurs, l’efficacité du DMT semble dépendre de l’intensité de l’expérience psychédélique aiguë qu’il induit, avec de meilleurs résultats chez ceux qui ont ressenti les effets les plus vifs. Les participants rapportant une expérience psychédélique plus intense ont montré une amélioration plus importante des symptômes.
Les événements indésirables étaient le plus souvent légers à modérés et incluaient une douleur au site de perfusion, des nausées et une anxiété transitoire. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté, ce qui suggère que la thérapie par DMT a été bien tolérée dans ce cadre clinique contrôlé. Aucun participant n’a signalé d’événement indésirable grave.
Le TDM demeure l’une des principales causes d’invalidité dans le monde, de nombreux patients présentant une réponse insuffisante aux antidépresseurs conventionnels et à la psychothérapie. Contrairement aux antidépresseurs traditionnels, dont les effets complets peuvent prendre des semaines, l’action pharmacologique rapide du DMT ouvre la possibilité d’un soulagement plus rapide des symptômes. Un avantage potentiel du DMT est sa courte durée d’action, ses effets ne durant que quelques minutes plutôt que des heures, ce qui pourrait offrir des bénéfices similaires à moindre coût et avec un profil de sécurité comparable.
Cependant, la taille de l’échantillon de cette étude était faible et le suivi limité. Des essais plus vastes et de plus longue durée sont nécessaires pour confirmer la durabilité, les stratégies de dosage optimales et la sécurité dans des populations de patients plus larges. Les chercheurs reconnaissent qu’il s’agit de résultats très préliminaires et que leur étude comporte certaines limites, notamment un manque de diversité ethnique et l’exclusion de toute personne ayant des antécédents de tentatives de suicide graves. Ils ont appelé à des « essais plus longs et plus larges afin d’évaluer davantage l’efficacité, la sécurité et le rapport coût-efficacité de la thérapie assistée par DMT par rapport aux traitements standards existants ».
Le médicament — appelé SPL026 — a été initialement développé par la société britannique Small Pharma, qui a été rachetée par la société canadienne Cybin en 2023. Cybin a depuis été rebaptisée Helus Pharma et développe de nouveaux agonistes de la sérotonine basés à la fois sur le DMT et la psilocybin, l’ingrédient psychoactif des champignons hallucinogènes.
L’étude a été publiée dans Nature Medicine.