Une pratique chinoise ancestrale, le baduanjin, abaisse la tension artérielle aussi efficacement que des médicaments
Un essai contrôlé randomisé multicentrique montre que le baduanjin, une pratique traditionnelle chinoise corps-esprit, réduit la pression artérielle de 3 à 5 points, de façon comparable à certains traitements de première intention et à la marche rapide. Les effets ont été maintenus pendant un an, sans différence significative d’événements indésirables entre les groupes.
Une pratique traditionnelle chinoise corps-esprit peut abaisser la tension artérielle aussi efficacement que des médicaments ou que la marche rapide, selon un essai contrôlé randomisé multicentrique, en ouvert, publié le 18 février dans le Journal of the American College of Cardiology. L’étude a montré que le baduanjin réduisait la pression artérielle systolique d’environ 3 à 5 points, avec des effets maintenus pendant 52 semaines.
L’essai a été mené dans sept communautés et a inclus 216 participants âgés de 40 ans et plus, présentant une pression artérielle systolique de 130 à 139 mmHg et/ou une pression artérielle diastolique de 85 à 89 mmHg. Les participants ont été randomisés pour pratiquer le baduanjin, réaliser des exercices auto-dirigés seuls, ou effectuer de la marche rapide pendant 52 semaines, avec respectivement 108, 54 et 54 participants dans chaque groupe.
Baduanjin est une séquence standardisée largement pratiquée, composée de huit mouvements, qui associe des mouvements lents et structurés, une respiration profonde et la méditation. La routine dure généralement 10 à 15 minutes et ne nécessite aucun équipement, avec seulement une instruction initiale minimale. Il s’agit de l’une des formes de qigong les plus couramment pratiquées, et ses mouvements sont similaires à ceux du tai-chi.
Par rapport aux patients assignés aux exercices auto-dirigés seuls, les patients du groupe baduanjin ont présenté une réduction significativement plus importante de la pression artérielle systolique sur 24 heures à 12 et 52 semaines, de −3,1 et −3,3 mmHg respectivement. Le baduanjin a réduit la pression artérielle systolique moyenne sur 24 heures d’environ 3 points, et la pression artérielle mesurée au cabinet médical d’environ 5 points. À 52 semaines, aucune différence significative n’a été observée entre les groupes baduanjin et marche rapide.
Un groupe pratiquait le baduanjin pendant environ 15 minutes deux fois par jour, au moins cinq jours par semaine. Le deuxième groupe marchait d’un pas soutenu pendant 30 minutes par jour au moins cinq jours par semaine. Un troisième groupe devait pratiquer l’activité physique de son choix, avec l’objectif d’au moins 150 minutes par semaine d’exercice d’intensité modérée.
Les résultats étaient comparables à ceux observés dans le groupe marche et à ceux attendus avec certains médicaments de première intention contre l’hypertension artérielle. L’ampleur de l’effet sur la pression artérielle est similaire à celle observée dans des essais pivots de médicaments, mais obtenue sans traitement, sans coût et sans effets indésirables. Dans les trois groupes, aucune différence significative n’a été constatée concernant les événements indésirables. Dans les analyses par sous-groupes, les effets n’étaient pas hétérogènes.
Les résultats du baduanjin étaient également bien meilleurs que ceux du groupe d’exercices auto-dirigés, qui n’a montré que de faibles améliorations de la pression artérielle. Les bénéfices se sont maintenus même sans suivi continu, un défi majeur pour de nombreuses interventions sur le mode de vie, qui peinent à maintenir l’adhésion à long terme en dehors de programmes structurés.
L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque évitables de maladie cardiaque. Les recommandations cliniques préconisent une activité physique régulière, mais l’adhésion à long terme aux programmes d’exercice est difficile pour de nombreuses personnes, en particulier lorsque les routines nécessitent du matériel, un espace dédié, des abonnements à une salle de sport ou une supervision continue.
Le baduanjin est pratiqué en Chine depuis plus de 800 ans. Comme il s’agit d’une activité d’intensité faible à modérée, il est considéré comme sûr et accessible pour de nombreux adultes. Pratiquée depuis des siècles et couramment réalisée dans des contextes communautaires à travers la Chine, cette routine peut être effectuée dans un large éventail d’environnements.