Le nirsevimab surpasse le vaccin maternel contre le VRS pour prévenir les hospitalisations chez les nourrissons
Une étude de cohorte française a révélé que le nirsevimab administré à la naissance réduit de 22 % les hospitalisations liées au VRS chez les nourrissons par rapport à la vaccination maternelle. Des données du Royaume-Uni montrent que le vaccin maternel contre le VRS offre une protection de plus de 80 % lorsqu'il est administré au moins quatre semaines avant l'accouchement. Ces deux stratégies visent à protéger les nourrissons vulnérables durant leurs premiers mois de vie.
Une étude de cohorte rétrospective publiée dans The Lancet Child & Adolescent Health a révélé que l'immunisation par le nirsevimab à la naissance est associée à un risque de 22 % moins élevé d'hospitalisation pour infection des voies respiratoires inférieures (IVRI) liée au virus respiratoire syncytial (VRS) chez les nourrissons durant leurs 6 premiers mois de vie, par rapport à la vaccination maternelle par le vaccin préfusion F du VRS (RSVpreF) pendant la grossesse. L'analyse des données de santé françaises a inclus les nourrissons nés entre septembre 2024 et février 2025 qui ont soit reçu le nirsevimab peu après l'accouchement, soit dont les mères ont été vaccinées par RSVpreF entre 28 et 36 semaines de gestation.
L'étude a utilisé les données du Système national des données de santé, analysant 164 140 nourrissons dans l'analyse finale. Après avoir apparié 42 098 nourrissons de chaque groupe de traitement en fonction du sexe, de la date de naissance et de la région de naissance, les chercheurs ont observé 753 hospitalisations pour IVRI liée au VRS au total durant la période de suivi de 6 mois. On a dénombré 350 hospitalisations chez les nourrissons ayant reçu le nirsevimab (taux de 0,83 %) et 403 chez les nourrissons exposés à la vaccination maternelle par RSVpreF (taux de 0,96 %). Après ajustement pour les caractéristiques de base, le nirsevimab a montré un risque significativement plus faible d'hospitalisation avec un odds ratio de 0,78 (IC à 95 %, 0,70-0,86). La différence d'efficacité est apparue après le deuxième mois de vie et s'est stabilisée après le troisième mois.
Des analyses de sous-groupes supplémentaires ont montré que le nirsevimab était associé à des odds plus faibles d'hospitalisations liées au VRS nécessitant une admission en soins intensifs pédiatriques (OR, 0,41 ; IC à 95 %, 0,28-0,61) et une ventilation invasive ou non invasive (OR, 0,53 ; IC à 95 %, 0,44-0,65). L'efficacité de la vaccination maternelle variait selon le moment d'administration : lorsque la vaccination maternelle avait eu lieu moins de 8 semaines avant l'accouchement, le nirsevimab restait supérieur, mais lorsque la vaccination maternelle avait eu lieu au moins 8 semaines avant l'accouchement, aucune différence significative n'a été observée entre les deux stratégies (OR, 1,01 ; IC à 95 %, 0,77-1,32).
Parallèlement, une étude britannique séparée analysant près de 300 000 bébés nés entre septembre 2024 et mars 2025 a révélé que le vaccin maternel contre le VRS réduit de plus de 80 % les admissions à l'hôpital des bébés pour le VRS lorsqu'il est administré au moins quatre semaines avant l'accouchement. L'étude a suivi environ 90 % de toutes les naissances en Angleterre durant cette période, avec plus de 4 500 bébés admis à l'hôpital—la grande majorité dont les mères n'avaient pas été vaccinées. Les directives britanniques actuelles recommandent le vaccin maternel contre le VRS, Abrysvo, pour les femmes enceintes dès 28 semaines de gestation, la protection débutant dès le jour de la naissance des bébés.
Le VRS est une cause majeure d'infections respiratoires basses chez les nourrissons, les cas graves pouvant conduire à l'hospitalisation. Les bébés de moins d'un an, en particulier ceux de moins de 6 mois, sont les plus vulnérables. Bien que la vaccination maternelle reste une stratégie de prévention primaire, le nirsevimab—un anticorps monoclonal à longue durée d'action—offre une protection alternative pour les nourrissons, en particulier ceux nés en dehors de la fenêtre vaccinale ou lorsque le moment de la vaccination maternelle est sous-optimal. Les deux stratégies visent à protéger les nourrissons durant leurs premiers mois de vie les plus vulnérables, lorsque le VRS représente le risque le plus élevé.