Les progrès de la contraception masculine non hormonale avancent dans les premières études cliniques
Les premières études cliniques ont mis en avant les candidats de contraception masculine non hormonale YCT-529 et ADAM. YCT-529 a montré un profil de sécurité favorable en phase 1a, tandis qu’ADAM a rapporté des effets transitoires légers et une durabilité pouvant atteindre 24 mois.
Les contraceptifs masculins représentent une avancée vers une plus grande égalité dans la responsabilité reproductive. Les contraceptifs masculins pharmacologiques non hormonaux visent à contourner les difficultés des approches hormonales, en agissant sur des voies spécifiques au testicule, sur la fonction des spermatozoïdes sans perturbation endocrinienne, ainsi que sur la production des spermatozoïdes.
Les préservatifs et la vasectomie restent les seules méthodes de contraception masculine disponibles, et toutes deux présentent des inconvénients en raison de la complexité de leur réversibilité ou de leur fiabilité insuffisante. Les approches hormonales ont montré leur efficacité, mais elles sont limitées par des effets indésirables systémiques tels qu’une prise de poids, des variations de l’humeur et une baisse de la libido. L’intégration des contraceptifs masculins, en particulier des approches pharmacologiques non hormonales, offre l’occasion de mieux répartir cette responsabilité, de réduire les risques sanitaires supportés par les femmes et de donner aux individus des options plus souples en matière de planification des naissances.
YCT-529, un antagoniste sélectif du récepteur α de l’acide rétinoïque (RAR-α), perturbe la spermatogenèse sans modifier la testostérone systémique. Un essai de phase 1a a inclus 16 hommes vasectomisés ayant reçu des doses uniques ascendantes de 10 mg, 30 mg, 90 mg ou 180 mg de YCT-529 à jeun, avec une dose supplémentaire de 30 mg en condition postprandiale afin d’évaluer l’effet de l’alimentation. Des doses uniques allant jusqu’à 180 mg se sont révélées sûres et bien tolérées, sans effet sur la fréquence cardiaque, les taux hormonaux, la globuline liant les hormones sexuelles, les biomarqueurs inflammatoires, le désir sexuel ou l’humeur. Aucun effet clair de l’alimentation n’a été observé sur la pharmacocinétique. Des études de phase 1b/2 de plus grande ampleur sont en cours afin d’évaluer la sécurité, la tolérance, la pharmacocinétique et la pharmacodynamie de doses multiples, ainsi que la fonction sexuelle et l’humeur chez des hommes en bonne santé.
ADAM est un hydrogel injectable qui obstrue le canal déférent afin de bloquer le transport des spermatozoïdes tout en maintenant l’éjaculation et les sensations. Un essai de recherche de dose chez l’humain, premier du genre, a inclus 25 hommes recherchant une contraception de longue durée comme alternative à la vasectomie. L’étude a montré des effets indésirables légers avec une azoospermie préliminaire à 90 jours ; l’augmentation temporaire du volume scrotal et des douleurs scrotales/inguinales légères étaient les effets indésirables les plus fréquents, disparaissant en 1 mois sans limitation des activités. Une durabilité allant jusqu’à 24 mois a été rapportée lors de l’American Urological Association 2025 Annual Meeting. Il est estimé que ce contraceptif peut durer jusqu’à 2 ans, offrant potentiellement un contrôle reproductif prolongé.