Une méta-analyse relie des altérations du microbiote intestinal à la rétinopathie diabétique

Une méta-analyse publiée dans BMC Ophthalmology a mis en évidence des altérations compositionnelles et fonctionnelles distinctes du microbiote intestinal dans la rétinopathie diabétique. La revue a identifié un appauvrissement des bactéries productrices de SCFA, un enrichissement des bactéries pro-inflammatoires et une dérégulation de voies métaboliques.

Des déséquilibres des bactéries intestinales pourraient contribuer au développement de la rétinopathie diabétique (RD), ouvrant la voie à de nouveaux traitements axés sur l’axe intestin-œil, suggère une méta-analyse publiée dans BMC Ophthalmology. La revue a analysé les données de 18 études observationnelles et génétiques, portant au total sur 268 patients atteints de RD, 269 patients diabétiques sans rétinopathie et 99 individus en bonne santé. Selon les chercheurs, des altérations compositionnelles et fonctionnelles distinctes ont été identifiées dans les bactéries intestinales des patients atteints de RD par rapport à celles des patients diabétiques sans rétinopathie et des témoins sains.

Alors que la méta-analyse des indices de diversité alpha menée sur 8 études n’a montré aucune différence significative entre les groupes, des modifications cohérentes de la diversité bêta ont été observées, indiquant des communautés microbiennes structurellement distinctes chez les patients atteints de RD. Parmi les principales différences relevées dans les groupes RD figurait une modification du ratio Firmicutes/Bacteroidetes, plusieurs études rapportant des populations plus élevées de Bacteroidetes.

En outre, des bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte (SCFA) aux propriétés anti-inflammatoires, telles que Faecalibacterium, Roseburia, Blautia et Butyricicoccus, se sont révélées appauvries, tandis que des bactéries pro-inflammatoires, telles que Escherichia-Shigella, Pseudomonas et Enterobacter, étaient enrichies, selon les chercheurs. Ceux-ci soulignent que les analyses fonctionnelles fondées sur la composition microbienne et l’analyse métabolomique fécale directe ont mis en évidence des voies dérégulées, en particulier dans le métabolisme des acides aminés comme l’arginine, la proline et la lysine, ainsi que dans le métabolisme lipidique.

Les études observationnelles ont été principalement menées en Chine et en Inde, tandis que les données génétiques provenaient en grande partie de personnes d’ascendance européenne. Les chercheurs reconnaissent plusieurs limites à leur revue, notamment une forte hétérogénéité entre les études, des variations dans les méthodes de séquençage et un biais démographique en faveur des populations asiatiques dans les études observationnelles. En outre, les études génétiques randomisées reposaient principalement sur des données de populations d’ascendance européenne, ce qui limite la généralisation des résultats.

Les chercheurs recommandent que les travaux futurs se concentrent sur des études de grande ampleur, longitudinales et multiethniques, avec des protocoles de séquençage standardisés, afin de valider les résultats, de clarifier les relations causales et d’orienter la traduction clinique. Ils ajoutent que l’alimentation, les probiotiques ou la transplantation fécale pourraient offrir de nouvelles stratégies pour compléter le traitement conventionnel des patients atteints de RD.

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