La FDA autorise le premier essai chez l’humain d’une thérapie cellulaire allogénique contre l’épilepsie résistante aux médicaments

La FDA a autorisé le premier essai chez l’humain d’une thérapie à base de cellules souches allogéniques contre l’épilepsie, développée par Unixell Biotechnology à Shanghai. Cette approche vise à produire du GABA afin de reconstruire des circuits inhibiteurs et de réduire les crises chez des patients résistants aux traitements.

Pour la première fois, la Food and Drug Administration autorise qu’un certain type de thérapie cellulaire contre l’épilepsie soit testé chez l’humain. Cette thérapie, mise au point par Unixell Biotechnology, société basée à Shanghai, est conçue pour freiner l’activité électrique excessive qui déclenche les crises chez les patients épileptiques.

La thérapie utilise des cellules souches issues de donneurs — ou « allogéniques » — reprogrammées de manière à produire, au final, le principal messager chimique, le « GABA », responsable de l’apaisement du cerveau et du système nerveux. Unixell a indiqué que, lors d’essais chez l’animal, sa thérapie semblait sûre et capable de supprimer les crises en reconstruisant des circuits cérébraux inhibiteurs.

Désormais, avec l’autorisation de la FDA, l’entreprise avance vers une étude précoce chez des personnes atteintes d’épilepsie résistante aux médicaments. Unixell a souligné que les traitements actuels de l’épilepsie, bien qu’utiles pour certains patients, s’accompagnent d’« effets indésirables significatifs » ; il existe donc un besoin urgent de nouvelles thérapies capables non seulement de s’attaquer à la source des crises, mais aussi de préserver les tissus sains et d’éviter les problèmes de sécurité.

Les progrès de cette thérapie constituent un nouvel exemple de l’écosystème biotechnologique chinois en rapide évolution, où, jusqu’à récemment, la recherche était moins axée sur l’innovation que sur le développement de médicaments aussi bons ou légèrement meilleurs que les traitements existants. Une société d’analytique a décrit ce changement dans un rapport de janvier, concluant que les « modalités émergentes » telles que les thérapies cellulaire et génique ont, au cours de la dernière décennie, capté une part croissante des capitaux-risque investis dans les biotechs chinoises. L’an dernier, ces modalités ont représenté près de la moitié du total des capitaux-risque investis. Cela « met en évidence l’appétit des investisseurs pour des actifs à forte complexité plutôt que pour des modèles de type “fast-follower” ».

Par ailleurs, le rapport montre que les « médicaments innovants » soumis à des essais chez l’humain par des développeurs chinois ont plus que triplé, passant de 688 à un peu moins de 2 300, entre 2019 et 2023. Et depuis 2021, la Chine a enregistré près de deux fois plus d’essais de première administration chez l’humain (first-in-human) pour des « anticorps de nouvelle génération » que les États-Unis et l’Europe réunis. L’écosystème biotech chinois a « pris l’avantage » dans la génération de candidats médicaments précoces et prometteurs, et il est probable qu’il le conserve.

Si la thérapie d’Unixell finit par arriver sur le marché, elle diversifierait un domaine dominé par d’anciens antiépileptiques « à petites molécules ». Parmi eux figurent levetiracetam, lamotrigine et carbamazepine, également connus sous leurs noms de marque respectifs Keppra, Lamictal et Tegretol.

Pourtant, Unixell devra probablement aussi faire face à une concurrence plus récente. Des décennies de recherche sur les canaux ioniques — des tunnels cellulaires qui jouent souvent un rôle dans l’épilepsie — commencent enfin à porter leurs fruits. Cette semaine, Xenon Pharmaceuticals a révélé que son médicament ouvrant les canaux ioniques, azetukalner, avait obtenu des résultats nettement meilleurs qu’un placebo dans une étude portant sur des centaines de personnes souffrant de crises à début focal. Après 12 semaines de traitement, la fréquence médiane mensuelle des crises a diminué de 53 % chez les participants ayant reçu une dose plus élevée d’azetukalner, contre une baisse de 10 % dans le bras témoin.

Xenon prévoit désormais de demander une autorisation plus tard cette année. Les actions de l’entreprise canadienne ont bondi de 50 % à la suite des résultats. Les ventes annuelles maximales aux États-Unis devraient atteindre au moins 1,6 milliard de dollars.

Biohaven et Quralis, une biotech privée, ont leurs propres médicaments expérimentaux qui, comme celui de Xenon, visent à réguler le système nerveux en activant des canaux potassiques. Celui de Biohaven est en Phase 3 d’évaluation dans l’épilepsie focale, tandis que celui de Quralis en est à un stade plus précoce et est étudié comme traitement potentiel de la SLA, de la douleur et de troubles convulsifs plus rares. Praxis Precision Medicines dispose d’un inhibiteur des canaux sodiques que les chercheurs évaluent dans des essais de stade intermédiaire à avancé, en monothérapie et en traitement d’appoint, pour l’épilepsie focale.

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