Une étude évalue si la communication par les soignants peut renforcer le dépistage génétique familial dans le cancer colorectal
Une nouvelle étude clinique américaine évaluera si une communication directe des résultats génétiques par les soignants peut accroître le recours aux tests génétiques familiaux dans le cancer colorectal. L’essai prévoit d’inclure environ 4 000 patients et proches à risque sur plusieurs sites aux États-Unis.
Une nouvelle étude clinique, lancée par The Alliance for Clinical Trials in Oncology, examinera la meilleure façon de communiquer les informations sur le risque génétique aux membres de la famille de personnes atteintes d’un cancer colorectal, dans l’espoir que les résultats augmentent le recours aux tests génétiques dans ces familles. Soutenu par des subventions du National Cancer Institute, l’essai intitulé « Family Communications After Genetic Testing » prévoit d’inclure environ 4000 personnes atteintes d’un cancer colorectal ainsi que leurs proches à risque sur plusieurs sites du U.S. National Clinical Trials Network et du National Cancer Institute Community Oncology Research Program.
À l’heure actuelle, il est demandé aux patients de communiquer à leurs proches leurs résultats anormaux de tests génétiques, et le recours aux tests génétiques reste faible. Dans une étude menée à Mayo Clinic, et malgré la proposition de tests génétiques gratuits aux proches de patients atteints de cancer chez lesquels un variant germinal à haut risque avait été identifié, seuls 18 % des membres de la famille ont effectivement réalisé un test génétique.
Le groupe d’étude cherchera à déterminer si un changement dans la manière de communiquer les informations génétiques aux membres de la famille augmentera le recours aux tests génétiques. Les chercheurs évalueront si une approche médiée par les soignants, avec communication directe des résultats des tests génétiques aux membres de la famille par l’équipe de l’étude, entraîne une augmentation des taux de tests génétiques chez les proches par rapport à l’approche standard dans laquelle les patients informent eux-mêmes leur famille.
Comme objectif secondaire, l’étude examinera également les taux de recours aux examens de prévention du cancer, tels que la coloscopie. L’essai sera ouvert aux patients présentant un cancer colorectal de stade I à IV nouvellement diagnostiqué, qui bénéficieront tous d’un test au moyen d’un panel complet multigénique de cancers héréditaires disponible auprès de LabCorp.
Les chercheurs prévoient de comparer la proportion de parents du premier degré réalisant un test génétique après avoir reçu l’information de l’équipe de l’étude à la proportion de ceux qui y ont recours après avoir reçu l’information d’un membre de la famille. Les deux groupes seront répartis entre les patients atteints du syndrome de Lynch, un syndrome génétique transmis à 50 % des apparentés du premier degré et associé à un risque accru de cancer colorectal et d’autres cancers, et ceux qui n’en sont pas atteints.
Environ 30 % des cas de cancer colorectal sont liés à des facteurs génétiques, et environ 15 % des patients nouvellement diagnostiqués présentent une modification génétique qui augmente le risque de cancer. Les investigateurs examineront également comment la race/l’origine ethnique, le sexe, l’âge, la localisation tumorale, le stade tumoral, la situation géographique (urbaine ou rurale) et le type d’établissement de santé (universitaire ou communautaire) influencent le recours aux tests génétiques et la préférence pour une communication médiée par les soignants ou par les patients.
L’ampleur et la complexité de l’étude signifient qu’il faudra au moins quatre ans avant que des résultats soient disponibles. L’étude espère accroître le recours aux tests génétiques chez les proches de patients présentant une prédisposition héréditaire au cancer et ainsi prévenir l’apparition de cancers chez ces proches.