Les progrès de l'imagerie cérébrale améliorent le ciblage du traitement de la dépression et le diagnostic des maladies neurodégénératives
La stimulation cérébrale guidée par IRM a atteint des taux de réponse de 80% pour la dépression résistante au traitement contre 60% avec le ciblage conventionnel, selon une étude publiée dans JAMA Psychiatry. Par ailleurs, des chercheurs de Barcelone ont développé un outil d'IRM pour identifier avec précision les tauopathies neurodégénératives rares PSC et CBD, tandis que des experts à Paris ont discuté du rôle croissant de l'intelligence artificielle en psychiatrie prédictive.
De nouvelles recherches démontrent que l'imagerie cérébrale basée sur l'IRM améliore les résultats cliniques dans diverses pathologies neurologiques et psychiatriques, de l'amélioration de la réponse au traitement de la dépression à un diagnostic plus précis de maladies neurodégénératives rares.
Dans une étude publiée le 24 juin dans JAMA Psychiatry, des chercheurs ont découvert que l'utilisation de scanners IRM pour guider la stimulation magnétique transcrânienne accélérée (aTMS) produisait des résultats significativement meilleurs chez les patients atteints de dépression résistante au traitement par rapport au ciblage traditionnel basé sur le cuir chevelu. Quarante patients de 22 à 80 ans souffrant d'un trouble dépressif majeur n'ayant pas répondu aux médicaments ont été répartis au hasard pour recevoir une aTMS utilisant soit des mesures traditionnelles du cuir chevelu, soit un ciblage par IRM. Après un mois, les patients ayant reçu un traitement ciblé par IRM présentaient des symptômes dépressifs nettement moins importants, avec des taux de réponse de 80% contre 60% pour le groupe sous TMS habituelle. Les chercheurs ont noté qu'un essai plus large est nécessaire pour confirmer ces résultats.
La TMS utilise des impulsions magnétiques appliquées à l'extérieur du crâne pour moduler l'activité cérébrale et est approuvée par la FDA pour le traitement du trouble dépressif majeur chez l'adulte depuis 2008. Cependant, le ciblage reposait sur des mesures du cuir chevelu, qui ne peuvent pas tenir compte des différences de structure cérébrale entre les individus. Dans la TMS accélérée, les patients reçoivent plusieurs séances de traitement par jour, concentrant plusieurs semaines de traitement en une seule semaine.
Par ailleurs, des chercheurs de l'Institut de recherche Sant Pau à Barcelone ont développé un outil basé sur l'IRM capable d'identifier avec plus de précision la paralysie supranucléaire progressive (PSP) et la dégénérescence cortico-basale (CBD), deux troubles parkinsoniens atypiques rares et sous-diagnostiqués. L'étude, publiée dans The Journal of Prevention of Alzheimer's Disease, montre que l'IRM structurelle peut être utilisée à la fois pour enrichir les essais cliniques avec des patients présentant une forte probabilité de pathologie tau à quatre répétitions sous-jacente et pour suivre la progression de la maladie avec une sensibilité accrue par rapport aux approches actuelles.
La PSP et la CBD sont classées comme des tauopathies primaires à quatre répétitions, définies par des agrégats pathologiques de la protéine tau. Comme elles partagent de nombreux symptômes avec la maladie de Parkinson et la maladie d'Alzheimer, elles ont été difficiles à diagnostiquer. L'équipe de Sant Pau a appliqué un modèle de régression logistique basé sur l'IRM précédemment entraîné sur des cas confirmés par autopsie. Ils ont constaté que dans la PSP, la signature spécifique à la maladie touchait les structures cérébrales profondes, en particulier le mésencéphale et le pont, ainsi qu'un amincissement cortical sélectif. Dans la CBD, les régions corticales liées au contrôle moteur et à l'intégration sensorielle étaient plus sévèrement touchées. Les modèles dérivés de l'IRM peuvent identifier la PSP ou la CBD avec une grande précision.
Les chercheurs ont noté que les signatures basées sur l'IRM peuvent suivre la progression de la maladie avec plus de précision que les approches actuelles, et que la plus puissante application pourrait être l'amélioration du recrutement pour les essais cliniques de la PSP et de la CBD. Les participants de l'étude actuelle ont été inscrits dans l'Initiative de neuroimagerie des tauopathies à 4 répétitions et dans un essai clinique de phase II/III du Davunetide pour le traitement de la PSP. L'hétérogénéité des scanners et la nécessité d'une validation dans des cohortes de patients indépendantes restent des obstacles à une adoption généralisée.
Pendant ce temps, lors de la réunion annuelle de la Société française de radiologie à Paris, des experts ont discuté de la manière dont l'intelligence artificielle et l'imagerie cérébrale transforment la psychiatrie. Des chercheurs ont présenté des algorithmes capables d'identifier des différences de seulement 2 à 3% dans les tissus cérébraux ou les faisceaux de substance blanche. Des modèles construits à partir de milliers de scans IRM peuvent déjà anticiper le début de la psychose ou prédire comment un patient bipolaire répondra au lithium des années à l'avance. Les experts ont souligné que si l'IA fournit de nouveaux outils pour comprendre les trajectoires neurales, le patient doit rester au centre des soins et que la technologie doit compléter, et non remplacer, le jugement clinique.