Les décès liés aux drogues toxiques en C.-B. reculent de 21 % en 2025, avec une baisse des concentrations de fentanyl
La Colombie-Britannique a enregistré 1 826 décès liés à la toxicité de drogues non réglementées en 2025, soit une baisse de 21 % par rapport à 2024 et, pour la première fois depuis 2020, moins de 2 000 décès annuels. Des recherches relient ce recul à la diminution des concentrations de fentanyl dans l’offre illicite, même si près de cinq personnes continuent de mourir chaque jour.
Selon des données préliminaires, 1 826 personnes ont perdu la vie en 2025 en Colombie-Britannique en raison de la toxicité de drogues non réglementées, a rapporté le BC Coroners Service. Cela représente une baisse d’environ 21 % par rapport à 2024 (2 315) et marque la première fois depuis 2020 que les décès dus à la toxicité de drogues non réglementées totalisent moins de 2 000 personnes sur une année. Malgré ce recul, près de cinq Britanno-Colombiens continuent de mourir chaque jour, alors que la province approche de 10 ans d’urgence de santé publique liée aux drogues toxiques.
De nouvelles recherches s’appuyant sur les résultats des services de vérification des drogues offrent un éclairage sur cette tendance à la baisse. Une étude, dont la publication est prévue dans le numéro d’avril de l’International Journal of Drug Policy, a constaté qu’à mesure que les concentrations de fentanyl augmentaient dans les zones de prestation des services de santé en C.-B., le nombre de surdoses mortelles à proximité augmentait lui aussi. Les chercheurs ont utilisé des données provenant de services de vérification des drogues dans l’ensemble de la province, d’octobre 2018 à juin 2025, et ont analysé près de 48 000 échantillons sur cette période. L’étude a révélé que, au fil des années, les échantillons aux sites de vérification des drogues étaient moins concentrés en fentanyl, ce qui était associé à une diminution des décès liés aux drogues toxiques.
Les chercheurs ont constaté que, dans l’ensemble des zones incluses, l’association entre les concentrations de fentanyl et le nombre de décès ce mois-là était constante. Ils ont pu estimer qu’à Vancouver, chaque augmentation de trois quarts de point de pourcentage de la concentration moyenne de fentanyl correspondait à un décès supplémentaire ce mois-là.
Cependant, la baisse des concentrations de fentanyl à elle seule n’est pas le seul facteur expliquant la diminution, à l’échelle de la province et du continent, des décès liés aux drogues toxiques. Avec le temps, l’approvisionnement en drogues est devenu plus complexe, avec la présence d’autres substances comme les benzodiazépines et d’autres tranquillisants. En analysant les raisons de la baisse potentielle des décès par surdose au Canada en 2024, l’Agence de la santé publique du Canada souligne qu’il est probable que la population à risque soit tout simplement plus petite aujourd’hui. La diminution des effectifs s’explique en partie par les nombreuses vies perdues au cours des années précédentes, indique l’agence dans un rapport publié en décembre dernier.
À l’échelle de l’Amérique du Nord, le passage au fait de fumer les drogues plutôt que de les injecter pourrait signifier que les personnes qui consomment des drogues peuvent mieux contrôler leurs doses et éviter les surdoses. Des recherches antérieures ont montré que les efforts de réduction des méfaits — comme la distribution de naloxone et les sites de prévention des surdoses — ont permis d’éviter des milliers de décès en C.-B.
En janvier 2026, 150 décès ont été signalés, soit une baisse de 10 % par rapport au total examiné en janvier 2025 (167). Cela équivaut néanmoins à 4,8 décès par jour et correspond au nombre de décès rapportés mensuellement tout au long de 2025. Près des trois quarts des personnes décédées en janvier 2026 avaient entre 30 et 59 ans, et 80 % étaient des hommes.
En 2025, les décès chez les 30-59 ans représentaient 69 % des décès liés à la toxicité des drogues dans la province, et 77 % concernaient des hommes. Quarante-huit pour cent des décès signalés sont survenus dans une résidence privée, contre 20 % à l’extérieur. On a recensé respectivement 136 et 141 décès suspects liés à des drogues non réglementées en novembre et en décembre 2025.
Par autorité sanitaire, en 2025, le plus grand nombre de décès liés à des drogues non réglementées a été enregistré dans les autorités sanitaires Fraser et Vancouver Coastal (533 et 484 décès, respectivement), ce qui représente 56 % de l’ensemble de ces décès. En janvier 2026, le plus grand nombre de décès liés à des drogues non réglementées a été observé dans les autorités sanitaires Fraser et Vancouver Coastal (42 et 36 décès, respectivement), soit 52 % de l’ensemble de ces décès en 2026. Les taux les plus élevés en janvier 2026 se situaient dans Northern Health (58 décès pour 100 000 personnes) et Interior Health (40 pour 100 000).
Par zone locale de santé, en 2025, les taux les plus élevés de décès suspects liés à des drogues non réglementées ont été relevés à Vancouver-Centre North, Lillooet, Greater Campbell River, Terrace et Vancouver-City Centre. Les décès suspects liés à la toxicité des drogues chez les jeunes (18 ans et moins) ont augmenté, passant de 21 décès en 2024 à 26 décès en 2025.
Le fentanyl et ses analogues demeurent la substance la plus fréquemment détectée lors des analyses toxicologiques accélérées. Chez les personnes décédées ayant bénéficié d’analyses accélérées en 2025, on a retrouvé du fentanyl (69 %) dans l’organisme, suivi du fluorofentanyl (54 %), de la cocaïne (53 %) et de la méthamphétamine (52 %). Le fentanyl et ses analogues continuent d’être identifiés dans une large majorité des décès, près de huit tests sur 10 revenant positifs en janvier 2026.
Fumer est le mode de consommation le plus courant (65 %), suivi de l’insufflation nasale (11 %), de l’injection (9 %) et de la voie orale (4 %). Fumer demeure le mode de consommation dominant, des éléments indiquant que près de trois personnes décédées sur quatre en janvier 2026 ont consommé de cette manière les substances ayant conduit à leur décès.
Parmi les décès pour lesquels le secteur professionnel est connu, les deux industries les plus fréquemment associées à un emploi actuel ou passé demeurent les métiers, le transport et les opérateurs d’équipement, ainsi que les ventes et services. Les données figurant dans les rapports sont préliminaires et susceptibles d’être modifiées à mesure que des résultats toxicologiques supplémentaires sont reçus et que les enquêtes se concluent.