Croissance du pipeline d’AbbVie et solidité de ses dividendes : de quoi séduire les investisseurs de long terme
AbbVie a réussi sa transition après la perte d’exclusivité de Humira, avec une croissance désormais portée par Skyrizi et Rinvoq. Parallèlement, le groupe prolonge une série de 54 années consécutives de hausse du dividende et renforce son pipeline à près de 90 programmes grâce à des acquisitions ciblées.
AbbVie a franchi avec succès l’une des plus redoutables « falaises de brevets » du secteur pharmaceutique, en passant d’une forte dépendance à Humira à une croissance robuste portée par deux blockbusters en immunologie, Skyrizi et Rinvoq. Les ventes de Humira sont tombées de 21,2 milliards de dollars en 2023 à seulement 4,5 milliards de dollars en 2025 sous l’effet de la concurrence des génériques, mais le chiffre d’affaires global d’AbbVie n’a jamais été aussi élevé en 2025.
Le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé de 8,6% pour atteindre 61,2 milliards de dollars en 2025, tandis que le bénéfice par action a reculé de 1,3% à 2,36 $ en raison des dépenses de recherche et développement et des acquisitions. En 2025, l’entreprise comptait 10 thérapies affichant des ventes annuelles d’au moins 1 milliard de dollars. La marge brute s’est établie à 72,6% au quatrième trimestre.
AbbVie a été scindée d’Abbott Laboratories en 2013 et se classe aujourd’hui comme la troisième entreprise mondiale de santé par capitalisation boursière. L’entreprise existe depuis 1888, initialement au sein d’Abbott. En tenant compte de sa période au sein d’Abbott Laboratories, AbbVie a augmenté son dividende pendant 54 années consécutives, dont une hausse de 5,5% cette année, ce qui en fait un « Dividend King ». Depuis sa scission d’Abbott en 2013, AbbVie a relevé ses versements de plus de 330%. Au cours actuel de l’action, le rendement ressort autour de 2,8%, soit plus du double du rendement moyen du S&P 500. Le rendement du dividende anticipé s’établit à 3,1%.
La société a dépensé de manière agressive en acquisitions afin d’étoffer son pipeline. En janvier, elle a déboursé 650 millions de dollars pour un médicament prometteur en oncologie, RC148, développé par la société pharmaceutique chinoise RemeGen. RC148 est une thérapie bispécifique de nouvelle génération conçue pour traiter divers tumeurs solides avancées. En février 2024, AbbVie a dépensé plus de 10 milliards de dollars pour racheter ImmunoGen, mettant la main sur Elahere, un traitement du cancer de l’ovaire résistant au platine. En août 2024, elle a acquis Cerevel Therapeutics pour 8,7 milliards de dollars, obtenant deux thérapies en neurosciences au stade clinique : emraclidine, un antipsychotique potentiellement « best-in-class » pour la schizophrénie, et tavapadon pour la maladie de Parkinson. En décembre 2024, elle a consacré 1,4 milliard de dollars au rachat d’Aliada Therapeutics pour ses thérapies contre la maladie d’Alzheimer.
AbbVie compte désormais plus de 90 composés dans son pipeline, dont les deux tiers se trouvent à un stade intermédiaire ou avancé des essais. Environ 60 des quelque 90 programmes en développement clinique sont soit à un stade intermédiaire, soit à un stade avancé.
La Food and Drug Administration a approuvé Venclexta comme traitement de première ligne chez l’adulte atteint de leucémie lymphoïde chronique et de lymphome lymphocytique de petite taille, en association avec acalabrutinib. Il s’agit du premier traitement entièrement oral, à durée fixe, pour ce groupe de patients. AbbVie a développé Venclexta en partenariat avec Genentech, une filiale de Roche.
L’action AbbVie a progressé d’un peu plus de 114% au cours des cinq dernières années, mais le rendement total de l’entreprise sur la période dépasse 160%. Le titre a plus que doublé au cours des cinq dernières années.