Une étude identifie les décisions des promoteurs et le recrutement comme principales causes d’échec des essais sur le HNSCC
Une étude rétrospective portant sur 692 essais appariés sur le HNSCC a montré que les décisions des promoteurs et le recrutement insuffisant étaient les principales causes d’arrêt prématuré. L’analyse a également identifié le recrutement, la source de financement, la phase de l’essai et l’inclusion de procédures ou de chirurgie comme facteurs associés à l’échec.
Des essais cliniques évaluant des traitements chez des patients atteints de carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC) sont souvent interrompus prématurément en raison de décisions stratégiques ou d’un recrutement insuffisant, selon les résultats d’une étude rétrospective publiée dans JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery. Parmi les 692 essais appariés analysés, 346 ont échoué et 346 ont été menés à terme, les décisions des promoteurs représentant 29,5% des échecs et le recrutement insuffisant 26,0%.
L’étude cas-témoins transversale a identifié, via ClinicalTrials.gov, des essais cliniques interventionnels portant sur le traitement de patients atteints de HNSCC menés entre le 1 janvier 2000 et le 31 décembre 2024. Les études en échec ont été définies comme celles ayant le statut arrêté ou retiré, et les essais en échec ont été appariés à des études témoins achevées selon une méthode de score de propension par plus proche voisin en ratio 1:1, fondée sur la phase de l’essai.
Les décisions stratégiques constituaient la raison la plus fréquente des échecs dans les études de phase 1, représentant 47 des 111 échecs, soit 42,3%. Le recrutement insuffisant était la cause la plus fréquente d’échec dans les essais de phase 2, avec 57 sur 190, soit 30,0%; de phase 3, avec 9 sur 41, soit 22,0%; et de phase 4, avec 4 sur 4, soit 100%.
Des données supplémentaires de l’étude rétrospective ont montré que la raison la plus fréquente d’échec des études variait modérément selon le type de traitement. Les décisions stratégiques constituaient la cause la plus fréquente d’échec dans les essais d’immunothérapie, représentant 46 sur 84, soit 54,8%, et dans les essais de thérapie ciblée, représentant 17 sur 62, soit 27,4%; le recrutement était la raison la plus souvent invoquée pour l’échec des autres études.
Les résultats d’une analyse de régression logistique multivariable ont identifié plusieurs facteurs indépendants prédictifs d’un échec précoce des essais sur le HNSCC. Une augmentation du recrutement transformé en logarithme avait un effet protecteur contre l’arrêt et le retrait de l’étude, avec un odds ratio de 0,36 et un intervalle de confiance à 95% de 0,30 à 0,42. Les essais financés par l’industrie présentaient un risque plus élevé d’arrêt que ceux financés par le gouvernement, avec un odds ratio de 2,84 et un intervalle de confiance à 95% de 1,16 à 7,17. Chaque progression de phase de l’essai augmentait la probabilité d’arrêt, avec un odds ratio de 1,81 et un intervalle de confiance à 95% de 1,35 à 2,45, et l’inclusion d’une procédure ou d’une intervention chirurgicale constituait un facteur prédictif d’échec, avec un odds ratio de 1,98 et un intervalle de confiance à 95% de 1,12 à 3,54.
Les auteurs de l’étude ont noté que le financement provenant de sources non gouvernementales ainsi que l’inclusion d’un médicament, d’un dispositif, d’un produit biologique/vaccin ou de la radiothérapie avaient un effet protecteur vis-à-vis de l’arrêt de l’étude, bien que l’ampleur de l’intervalle de confiance à 95% n’ait pas permis d’obtenir des estimations précises. L’équipe de recherche a indiqué que des schémas de recrutement actualisés, de meilleures pratiques de suivi des données, des plans d’essai adaptatifs et d’autres interventions devraient être mis en œuvre pour réduire l’échec des essais sur le HNSCC.