Une étude montre que la transparence est essentielle pour surmonter l’hésitation vaccinale
Une étude publiée dans *The Lancet* portant sur 1,1 million de personnes montre que l’hésitation vaccinale peut diminuer lorsque des informations claires, rapides et transparentes sont diffusées. Parmi les participants initialement hésitants, 65 % ont finalement reçu au moins une vaccination, tandis que les craintes liées à la nouveauté des vaccins à ARNm et à la sécurité se sont atténuées à mesure que les données s’accumulaient.
Une nouvelle étude publiée dans The Lancet sur l’hésitation à l’égard des vaccins contre la COVID-19 a montré que la diffusion d’informations claires, rapides et transparentes est cruciale pour que les populations adhèrent aux campagnes de vaccination. L’étude a suivi des personnes dans le temps, en retraçant non seulement les raisons déclarées de leur hésitation, mais aussi le fait qu’elles aient, au final, choisi ou non de se faire vacciner.
L’équipe de recherche a analysé les données d’enquête issues des études Real-time Assessment of Community Transmission (REACT), qui ont surveillé la prévalence du SARS-CoV-2 en Angleterre pendant la pandémie de COVID-19. Les données d’un peu plus de 1,1 million de personnes ont été analysées. Au total, 37,982 (3,3 %) participants ont déclaré une hésitation vaccinale. Les taux d’hésitation ont culminé à 8,0 % au début de 2021, au lancement de la campagne vaccinale, puis sont tombés à 1,1 % au début de 2022. L’hésitation a ensuite légèrement augmenté à 2,2 % début 2022, juste après une vague liée à Omicron.
Fait marquant, la majorité des personnes hésitantes ont fini par se faire vacciner : parmi les 24,229 participants ayant indiqué une hésitation et ayant consenti au couplage des données, 15,744 (65,0 %) ont ensuite reçu une ou plusieurs vaccinations.
Au début du déploiement, de nombreuses inquiétudes étaient liées à la nouveauté. Les chercheurs ont identifié des regroupements de motifs d’hésitation liés à l’efficacité des vaccins, aux effets indésirables potentiels et à des sujets spécifiques tels que la fertilité et l’allaitement. Mais l’étude a montré que ces préoccupations ont diminué au cours du déploiement, possiblement à mesure que les preuves s’accumulaient. On a observé une baisse de l’hésitation au cours des premiers mois de la pandémie, ce qui pourrait être lié à l’apparition d’informations rassurantes sur la technologie vaccinale et l’efficacité au cours du déploiement.
L’étude a pu relier les attitudes aux résultats, montrant que l’hésitation ne conduit pas toujours à un refus du vaccin. Certains participants se décrivaient d’abord comme hésitants, puis ont finalement choisi la vaccination, tandis que d’autres sont restés non vaccinés. L’analyse par les auteurs des comportements vaccinaux ultérieurs a montré que certains facteurs associés à l’hésitation — notamment une infection antérieure par la COVID-19, un niveau d’études plus faible et la précarité — étaient également liés au fait de rester non vacciné parmi ceux qui avaient initialement exprimé des doutes.
Cependant, certains schémas se sont inversés au fil du temps. Les personnes âgées étaient moins susceptibles de déclarer une hésitation au départ, mais lorsqu’elles le faisaient, elles étaient plus susceptibles de rester non vaccinées, peut-être parce que leurs préoccupations — telles que de mauvaises réactions antérieures aux vaccins ou des maladies sous-jacentes — étaient plus persistantes. Les femmes, en revanche, étaient plus susceptibles que les hommes d’exprimer initialement une hésitation, mais moins susceptibles de rester non vaccinées, ce qui peut, entre autres, refléter des préoccupations limitées dans le temps, comme la grossesse ou l’allaitement.
Cela suggère que l’attitude vis-à-vis des vaccins peut évoluer avec le temps, et que des actions de sensibilisation ciblées ainsi qu’une meilleure communication pourraient aider à répondre aux inquiétudes, en particulier dans les communautés les plus à risque. Pour de futures pandémies, la diffusion d’informations en temps utile est essentielle si l’on veut que les populations adhèrent à une campagne de vaccination.