Une équipe de l'Université de l'Alberta identifie une nouvelle cible médicamenteuse contre E. coli résistant aux antibiotiques
Des chercheurs de l'Université de l'Alberta ont identifié la protéase GlpG comme nouvelle cible médicamenteuse contre E. coli résistant aux antibiotiques, responsable de centaines de milliers de décès par infection urinaire chaque année. L'inhibition de GlpG a empêché l'adhésion bactérienne et la formation de biofilmes dans les études en laboratoire. Cette découverte répond à une urgence sanitaire mondiale, les projections sur la résistance antimicrobienne montrant qu'elle pourrait provoquer autant de décès que le cancer d'ici 2050.
Des chercheurs de l'Université de l'Alberta ont identifié une nouvelle cible médicamenteuse pour combattre les bactéries E. coli résistantes aux antibiotiques, qui causent près de 250 000 décès annuels par infection urinaire. La recherche, publiée dans Nature Communications, révèle que la protéase GlpG, située dans la membrane cellulaire, est centrale dans la capacité des bactéries à infecter les cellules humaines et à résister au traitement.
Joanne Lemieux, investigatrice principale, professeure de biochimie et vice-doyenne de la recherche à la Faculté de médecine et d'odontologie, a expliqué que GlpG est essentielle à la formation de facteurs de virulence connus sous le nom de pili — des appendices en forme de poils à la surface bactérienne qui aident à l'adhésion aux tissus. Cette protéase joue également un rôle clé dans la formation de biofilmes qui protègent les bactéries du système immunitaire et des antibiotiques, entraînant des infections persistantes et chroniques. Lorsque l'équipe a inhibé GlpG chez des E. coli pathogènes, elle a empêché l'adhésion et l'invasion bactériennes dans les cellules de la vessie et des reins, arrêté la formation de biofilmes protecteurs et éradiqué les biofilmes déjà formés. Le laboratoire se concentre désormais sur le développement de nouveaux médicaments qui inhiberont cette protéase chez les E. coli pathogènes tout en laissant intactes les E. coli bénéfiques de l'intestin.
Le taux de mortalité mondial dû aux infections urinaires a augmenté de 140 % entre 1990 et 2019, principalement en raison de la montée de la résistance aux antibiotiques couramment prescrits. Lemieux a qualifié la résistance antimicrobienne d'urgence mondiale, notant que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a inscrit E. coli parmi les pathogènes de préoccupation critique. On s'attend à ce que d'ici 2050, les décès dus à la résistance antimicrobienne soient équivalents à ceux dus au cancer. Jusqu'à un cinquième des infections à E. coli sont déjà résistantes aux antibiotiques.
Les inhibiteurs de protéases sont déjà utilisés comme médicaments pour traiter d'autres maladies telles que les troubles sanguins, le VIH et le COVID-19. L'équipe de recherche a collaboré avec des collègues en biochimie, en microbiologie médicale et en pédiatrie. Le financement provient de la Fondation canadienne pour l'innovation, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, de la bourse d'excellence pour études supérieures de l'Alberta, de la Fondation du Children's Stollery Hospital et de la Fondation de santé des femmes de l'Alberta par l'intermédiaire de l'Institut de recherche en santé des femmes et des enfants et de Striving for Pandemic Preparedness – The Alberta Research Consortium.