Trois nouvelles avancées dans la recherche sur le glioblastome ciblent le diagnostic et l’immunothérapie
De récentes publications et collaborations font progresser la recherche sur le glioblastome grâce à des diagnostics de microARN sanguins, des essais d’immunothérapie combinée et l’identification de MOV10 comme biomarqueur pronostique et cible thérapeutique. Ces avancées visent à améliorer la détection, le suivi et les options de traitement d’un cancer cérébral particulièrement agressif.
Aptorum Group Limited et DiamiR Biosciences Corp. ont annoncé le 10 mars 2026 la publication, dans Diagnostics, d’un article de Giliberto, et al. intitulé « Development of microRNA-Based Glioblastoma Biomarkers Using Blood Plasma Specimens ». Diagnostics est une revue à comité de lecture axée sur le diagnostic clinique et la recherche sur les biomarqueurs. L’étude, menée en collaboration avec des chercheurs cliniciens de la Perelman School of Medicine de l’University of Pennsylvania, démontre la faisabilité de détecter le glioblastome grâce à un test de plasma sanguin peu invasif. Les travaux identifient des signatures spécifiques de microARN (microRNA) dans le plasma sanguin, qui montrent un potentiel significatif en tant que biomarqueurs non invasifs pour le diagnostic et le suivi du glioblastome.
Le GBM figure parmi les cancers humains les plus meurtriers, avec une survie médiane inférieure à 15 mois après le diagnostic. Les approches diagnostiques actuelles reposent sur des biopsies chirurgicales invasives ou des examens d’imagerie coûteux. La plateforme de microARN de DiamiR représente un changement de paradigme potentiel, que l’entreprise estime susceptible de permettre une détection plus précoce et d’améliorer le suivi des patients au moyen d’une simple prise de sang.
L’auteur principal de l’article a déclaré que ces résultats sont enthousiasmants et ouvrent la voie à des études cliniques de plus grande ampleur, que les chercheurs espèrent voir démontrer l’utilité clinique des signatures de microARN plasmatiques pour le diagnostic et le suivi des tumeurs cérébrales. Les patients ont cruellement besoin de tests non invasifs pour éclairer leur prise en charge, et cette étude constitue une étape positive dans cette direction.
INOVIO et Akeso ont annoncé une collaboration clinique visant à évaluer un nouveau schéma d’immunothérapie combinée contre le glioblastome, reposant sur l’intégration d’un amorçage (priming) ciblé d’antigènes tumoraux encodés par l’ADN avec une double inhibition des points de contrôle immunitaires (immune checkpoint). Le partenariat examinera INO-5412 (composé des candidats d’immunothérapie ADN d’INOVIO, INO-5401 et INO-9012) en association avec l’anticorps bispécifique d’Akeso, cadonilimab, qui cible à la fois les voies PD-1 et CTLA-4. Cette combinaison sera étudiée dans le cadre de l’essai adaptatif de Phase II INSIGhT, sponsorisé par le Dana-Farber Cancer Institute. Les premières administrations sont attendues au second semestre 2026.
La stratégie collaborative vise à amorcer des réponses immunitaires spécifiques de la tumeur tout en contrant plusieurs mécanismes immunosuppresseurs au sein du microenvironnement tumoral. Cette approche pourrait permettre de dépasser les limites observées avec la seule inhibition des points de contrôle. De précédentes études exploratoires combinant INO-5401 et des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires ont suggéré une activation immunitaire significative, ce qui a motivé l’ajout d’un double blocage des points de contrôle dans cette prochaine phase d’investigation.
Le recours à un essai plateforme adaptatif tel qu’INSIGhT illustre une tendance plus large visant à améliorer l’efficacité de l’évaluation de thérapies expérimentales dans les cancers difficiles à traiter, en permettant l’examen de plusieurs bras d’investigation par rapport à un groupe témoin commun.
Par ailleurs, des travaux publiés dans Nature montrent que MOV10, une hélicase d’ARN, est surexprimée dans le glioblastome et fortement corrélée négativement à la survie globale. L’analyse de jeux de données issus de TCGA, GEO et CGGA a montré que l’expression de MOV10 est augmentée dans le GBM. Une régression de Cox a confirmé MOV10 en tant que facteur de risque pronostique indépendant pour le GBM.
Une analyse d’enrichissement fonctionnel a révélé que MOV10 est impliquée dans la régulation immunitaire et des voies liées à la progression tumorale. L’expression de MOV10 est étroitement associée à l’infiltration immunitaire, à l’expression des points de contrôle immunitaires et aux réponses à l’immunothérapie. Des essais d’immunofluorescence et de Transwell ont confirmé que l’inhibition (knockdown) de MOV10 réduisait la migration et l’invasion des macrophages M2 dans des cellules de GBM. Une analyse clinique a en outre validé la surexpression de MOV10 dans les tissus de GBM.
In vitro, la mise sous silence de MOV10 a supprimé la prolifération des cellules de GBM, inhibé des processus de type EMT et favorisé l’apoptose via la modulation de l’autophagie. Ces résultats suggèrent que MOV10 joue un rôle crucial dans la progression du GBM et pourrait constituer une cible moléculaire prometteuse pour le traitement.
Aptorum Group Limited est une société biopharmaceutique au stade clinique, dédiée à la découverte, au développement et à la commercialisation d’actifs thérapeutiques pour traiter des maladies présentant des besoins médicaux non satisfaits, en particulier en oncologie et dans les maladies infectieuses. DiamiR Biosciences est une société privée de diagnostics moléculaires, centrée sur le développement et la commercialisation de tests peu invasifs pour la détection précoce et le suivi d’affections liées à la santé cérébrale et d’autres maladies. La technologie de plateforme propriétaire de DiamiR est protégée par plus de 50 brevets délivrés dans le monde et repose sur l’analyse quantitative de signatures de microARN enrichis dans des organes — notamment enrichis dans le cerveau et associés à l’inflammation — dans le plasma. Comme annoncé précédemment le 16 juillet 2025, Aptorum Group et DiamiR ont conclu un accord définitif en vue d’une opération de fusion entièrement en actions, qui reste soumise à l’approbation des actionnaires des deux sociétés ainsi qu’à d’autres conditions de clôture habituelles.