Le projet de Trump sur la tarification des médicaments selon la nation la plus favorisée suscite des inquiétudes quant à l’accès et aux prix au Canada
Le projet de Donald Trump visant à appliquer aux médicaments une tarification fondée sur la nation la plus favorisée lierait certains prix américains à des prix plus bas pratiqués à l’étranger. Selon les articles sources, cette politique pourrait retarder les lancements au Canada, faire monter les prix canadiens et influencer les décisions des entreprises en matière de recherche et développement.
Donald Trump prévoit, avec son plan de tarification des médicaments selon la nation la plus favorisée, d’aligner les prix américains de certains médicaments sur ceux pratiqués dans d’autres pays développés, dont potentiellement le Canada. Cette politique vise à réduire le prix des médicaments pour les Américains, mais les articles sources indiquent qu’elle pourrait affecter l’innovation pharmaceutique, le lancement de médicaments et l’accès à de nouveaux traitements au Canada.
Selon l’une des descriptions du plan, les prix américains des médicaments de marque seront fondés sur les prix observés au Canada, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, en Suisse et au Royaume-Uni, le prix américain étant fixé au deuxième plus bas, avec un ajustement tenant compte des différences de PIB par habitant. Un autre article indique que cette politique vise à plafonner les remboursements de Medicare pour les médicaments au prix le plus bas payé par d’autres pays développés. Trump utilise aussi les droits de douane pour pousser les laboratoires pharmaceutiques à réinvestir en R&D aux États-Unis ; à partir d’août, les droits de douane sur les produits pharmaceutiques et leurs ingrédients importés aux États-Unis seront de 100 pour cent, tandis que les entreprises qui s’engagent à relocaliser leur production ne paieront que 20 pour cent pendant la construction de leurs nouvelles installations américaines, et les entreprises qui acceptent en plus une tarification MFN ne paieront aucun droit de douane pendant cette période. Selon une source, 17 grandes entreprises se sont engagées à la fois à relocaliser leur production et à adopter une tarification MFN.
Les articles indiquent que les développeurs de médicaments réévaluent la manière dont ils commercialisent leurs produits en Europe et dans d’autres pays, y compris le Canada, où les prix des médicaments sont bien plus bas qu’aux États-Unis. Certaines entreprises décident de retarder, voire de ne pas lancer du tout, de nouveaux médicaments dans certains pays, préférant perdre des marchés entiers plutôt que d’accepter des prix bas qui, lorsqu’ils sont utilisés dans le test de prix MFN, nuiraient gravement à leurs revenus aux États-Unis. D’autres avertissent qu’elles réduiront la R&D en Europe à moins que les gouvernements n’augmentent le niveau de prix qu’ils sont prêts à payer.
Selon une source, le Canada figurait déjà loin dans l’ordre de priorité des fabricants pour le lancement de nouveaux médicaments avant même la MFN. Une autre précise que les patients canadiens attendent déjà en moyenne 450 jours de plus que les Américains pour avoir accès à de nouveaux médicaments, en raison de soumissions et d’approbations plus lentes, et que certains médicaments pourraient même ne jamais être commercialisés sur le marché canadien.
Les articles décrivent également le système canadien de fixation des prix des médicaments brevetés. Canada’s Drug Agency évalue les nouveaux médicaments pour tous les régimes provinciaux d’assurance médicaments à l’exception de celui du Québec, et les recommandations récentes de remboursement ont presque toutes été conditionnées à des critères cliniques et/ou à une baisse de prix, souvent exprimée sous la forme d’un pourcentage précis nécessaire pour atteindre un seuil de rapport coût-efficacité acceptable. Au cours des cinq dernières années, plus de la moitié de ces réductions de prix recommandées étaient de 73 pour cent ou plus. Comme les prix négociés restent confidentiels, un article indique que les prix canadiens ne peuvent pas être directement comparés à ceux des autres pays de référence de la MFN, mais soutient qu’ils se situent probablement dans le bas de la fourchette.
Une autre source indique que le Patented Medicine Prices Review Board fixe un prix maximal pour les nouveaux médicaments brevetés et que le Canada a récemment retiré les États-Unis de la liste des pays comparateurs utilisée pour calculer ce prix maximal. Le même article indique que le Royaume-Uni a récemment conclu un accord avec les États-Unis qui verra le Royaume-Uni augmenter de 25% ses dépenses en médicaments de marque et relever les seuils de coût-efficacité.
Dans l’ensemble des articles, l’inquiétude commune est que, si le Canada devient un point de référence pour les critères américains d’évaluation des prix, les laboratoires pharmaceutiques pourraient augmenter leurs prix au Canada, retarder les lancements ou réduire leurs activités de recherche liées à une tarification internationale plus basse.