Une étude établit un lien entre la consommation de cannabis chez les adolescents et un risque accru de troubles de santé mentale
Une vaste étude Kaiser Permanente portant sur 463 396 adolescents a révélé que ceux qui consommaient du cannabis avaient deux fois plus de risques de développer des troubles psychotiques ou bipolaires, avec des risques accrus de dépression et d'anxiété. La recherche suggère que l'adolescence est une période vulnérable pour les méfaits du cannabis sur la santé mentale, bien que la causalité reste complexe.
Une analyse Kaiser Permanente portant sur près d'un demi-million d'adolescents révèle que ceux qui déclarent avoir consommé du cannabis au cours de l'année écoulée sont plus susceptibles de recevoir ultérieurement un diagnostic de troubles psychotiques, bipolaires, dépressifs ou anxieux. L'étude, publiée dans JAMA Health Forum, a constaté que la déclaration de consommation de cannabis au cours de l'année précédente survenait généralement en moyenne 1,7 à 2,3 ans avant un diagnostic psychiatrique, bien que la recherche n'ait pu déterminer de manière définitive si la consommation de cannabis provoque des troubles psychiatriques ou si les adolescents consomment du cannabis pour faire face à des symptômes de santé mentale émergents.
L'analyse a inclus 463 396 adolescents de divers horizons raciaux et ethniques en Californie du Nord, dont 5,7% déclaraient avoir consommé du cannabis l'année précédente. Les chercheurs ont suivi les données de santé des patients jusqu'à l'âge de 25 ans, ou jusqu'à la fin de 2023, et ont constaté que les adolescents déclarant consommer du cannabis avaient plus de deux fois plus de risques d'être ultérieurement diagnostiqués avec un trouble psychotique ou un trouble bipolaire, 34% plus de risques d'être diagnostiqués avec une dépression, et 24% plus de risques d'être diagnostiqués avec des troubles anxieux.
La force des associations entre la consommation de cannabis et les troubles dépressifs et anxieux diminuait avec l'âge des adolescents et n'était plus statistiquement significative chez les jeunes adultes âgés de 21 à 25 ans. En revanche, les risques accrus pour les troubles psychotiques et bipolaires persistaient jusqu'à l'âge adulte jeune, suggérant que l'adolescence est une période particulièrement vulnérable pour les problèmes de santé mentale liés au cannabis.
Les auteurs ont souligné que les produits à base de cannabis disponibles aujourd'hui contiennent souvent des concentrations élevées de tétrahydrocannabinol (THC), qui peuvent perturber le système endocannabinoïde et affecter les régions cérébrales impliquées dans la motivation, la régulation émotionnelle et la cognition. Ils ont noté que le cannabis n'a pas démontré son efficacité comme traitement de la dépression ou de l'anxiété et que son utilisation continue est associée à une aggravation des symptômes de l'humeur et à une moins bonne adhésion au traitement de santé mentale.
Les résultats soulignent l'importance de la prévention précoce, du dépistage systématique de la consommation de cannabis dans les soins pédiatriques, de messages de santé publique clairs sur les risques, et de politiques limitant l'accès et l'exposition des jeunes au cannabis, particulièrement alors que la légalisation se développe. L'étude a été financée par le National Institute on Drug Abuse.