Des études soulignent l'essor rapide des prescriptions de médicaments contre le TDAH
De nouvelles études montrent une expansion rapide des prescriptions de médicaments contre le TDAH, avec une utilisation de médicaments psychiatriques chez les jeunes Américains passant de 5,3 % à 8,3 % et des prescriptions de stimulants en Ontario grimpant de 175 % pendant la COVID.
Trois nouvelles études mettent en évidence une expansion rapide des prescriptions de stimulants psychiatriques et de médicaments contre le TDAH, avec des augmentations documentées chez les jeunes Américains, en Ontario, au Canada, pendant la pandémie de COVID-19, et en Australie après l'expansion de la télésanté.
Une nouvelle étude publiée dans le Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry révèle que les prescriptions de médicaments psychiatriques augmentent chez les jeunes Américains âgés de six à 24 ans, principalement en raison des stimulants. La prévalence globale de l'utilisation de médicaments psychiatriques chez les jeunes Américains de six à 24 ans est passée de 5,3 % en 2001–2004 à 8,3 % en 2017–2020. Les enfants, les adolescents et les jeunes adultes ont tous connu une augmentation de la prévalence de l'utilisation de médicaments psychiatriques. Cette augmentation a été la plus significative dans le groupe des jeunes adultes, où l'utilisation de médicaments psychiatriques a augmenté à chaque intervalle, passant de 4,6 % en 2001–2004 à 11 % en 2017–2020. Le taux de prévalence chez les adolescents est passé de 6,6 % à 8,2 %, tandis que celui des enfants est passé de 4,2 % à 6,1 %. Les taux de prescription de stimulants ont presque doublé entre 2001 et 2020. Dans le groupe des jeunes adultes, 0,2 % prenaient des stimulants psychiatriques en 2001–2004, contre 5,6 % en 2017–2020.
Les taux globaux de polypharmacie sont passés de 1,8 % en 2001–2004 à 3,3 % en 2017–2020. Le taux de polypharmacie chez les jeunes adultes a connu la hausse la plus spectaculaire, passant de 0,8 % en 2001–2004 à 5 % en 2017–2020. Parmi les participants prenant des médicaments psychiatriques, 26 % ont été exposés à des interactions médicamenteuses potentiellement majeures, principalement dues à la combinaison d'antidépresseurs et d'antipsychotiques. L'étude a noté des limites : l'utilisation de médicaments psychiatriques était auto-déclarée et non confirmée par des dossiers cliniques, les interactions médicamenteuses potentielles signalées étaient basées uniquement sur des combinaisons observées avec des effets négatifs potentiels plutôt que sur des événements indésirables confirmés, et les données provenaient exclusivement de résidents américains.
Une nouvelle étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal révèle que les prescriptions de médicaments contre le TDAH ont grimpé pendant la pandémie de COVID-19 en Ontario, au Canada. La majorité des nouvelles prescriptions de TDAH ont été données à des femmes. Les auteurs ont utilisé les registres de santé provinciaux et les données de délivrance d'ordonnances et ont examiné les données de 327 053 personnes ayant reçu une nouvelle prescription de stimulant en Ontario entre janvier 2016 et juin 2024. En janvier 2016, le taux de nouvelles prescriptions de stimulants en Ontario était de 0,16 pour 1 000 adultes par mois. Pendant la pandémie, ce taux a considérablement augmenté pour atteindre 0,44 pour 1 000 adultes par mois, soit une augmentation de 175 % par rapport aux niveaux pré-COVID. L'augmentation n'était pas linéaire ; au début de la pandémie, les taux de nouvelles prescriptions de stimulants ont diminué avant de grimper fortement.
Une troisième étude a constaté que les prescriptions de médicaments contre le TDAH ont considérablement augmenté après l'expansion de la télépsychiatrie en Australie.