Des universités australiennes font progresser des plateformes de découverte de médicaments par IA et quantique

L’University of Melbourne a obtenu 2,1 millions de dollars pour développer une plateforme quantique de type brain-on-chip visant à accélérer la mise au point de traitements contre la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurologiques. Parallèlement, Evogene s’associe à la Queensland University of Technology pour développer, via l’IA, des thérapies à petites molécules contre la résistance au Cisplatin dans le NSCLC.

A collaboration industrielle de l’University of Melbourne s’est vu attribuer 2,1 millions de dollars par le gouvernement australien pour construire une plateforme quantique destinée à accélérer la découverte et le développement de traitements pour les maladies neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer. L’université a constitué un consortium avec les entreprises technologiques Chromos Labs, Tessara Therapeutics, Quantum Brilliance et Axol Biosciences afin de développer une plateforme quantique qui mesure en temps réel l’activité électrique de micro-tissus neuronaux humains 3D, une technologie dite de brain-on-chip.

La plateforme quantique pour le développement de médicaments neurologiques est l’un des huit projets de technologies quantiques ayant reçu un total de 12,7 millions de dollars lors de la phase 2 du Critical Technologies Challenge Program (CTCP), afin de mettre au point un prototype fonctionnel de leur plateforme. Le système ouvre une voie vers un outil rapide et évolutif permettant de mesurer en temps réel l’activité cérébrale dans des cultures tissulaires synthétiques reproduisant le tissu cérébral humain.

En cas de succès, cette technologie de brain-on-chip pourrait aider à évaluer en laboratoire l’efficacité des traitements des maladies neurologiques, notamment la maladie d’Alzheimer, la schizophrénie, l’épilepsie et l’anxiété, avant de passer à des essais cliniques (clinical trials) humains coûteux et complexes. Le consortium réunit des développeurs de technologies et des utilisateurs finaux afin d’évaluer cette nouvelle plateforme de biotechnologie quantique.

Le développement de médicaments neurologiques reste l’un des domaines les plus risqués de la biopharma, en partie parce que de nombreux modèles précliniques ne prédisent pas de manière fiable les résultats chez l’humain. En s’appuyant sur la technologie de brain-on-chip, le consortium entend aider les chercheurs à évaluer plus rapidement les réponses aux traitements et à accélérer la filière de développement de nouvelles thérapies.

Dans un développement distinct, Evogene s’est associée à la Queensland University of Technology (QUT), en Australie, afin de faire progresser le développement de petites molécules anticancéreuses pilotées par l’IA. Ce partenariat combinera les capacités de chimie computationnelle d’Evogene avec une expertise axée sur le cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC) résistant aux traitements, ainsi que sur d’autres cancers.

Cette collaboration s’appuie sur des résultats majeurs mettant au jour une nouvelle voie de détoxification cellulaire, ciblable pharmacologiquement, à l’origine de la résistance au Cisplatin dans le NSCLC. Les équipes entendent concevoir de nouveaux inhibiteurs de petites molécules afin de bloquer cette voie et de restaurer la sensibilité au traitement dans les cancers résistants.

Malgré des avancées significatives dans le traitement du cancer, la résistance aux chimiothérapies standards et aux thérapies ciblées demeure un obstacle majeur à la prise en charge des patients atteints de cancers agressifs, tels que le NSCLC. L’efficacité de traitements de référence comme le Cisplatin est limitée par une résistance intrinsèque élevée, observée chez 60-70% des patients traités, tandis que 30-40% des patients recevant des thérapies ciblées ne répondent pas d’emblée. En immunothérapie, qu’elle soit utilisée en monothérapie ou en association avec une chimiothérapie, des taux similaires de résistance, à la fois intrinsèque et acquise, sont observés.

La collaboration se concentrera sur l’identification de mécanismes critiques au sein des processus de détoxification induits par le Cisplatin, susceptibles d’être perturbés à des fins thérapeutiques. La plateforme ChemPass AI d’Evogene générera des pistes chimiques de haute qualité, en priorisant les molécules présentant un fort potentiel inhibiteur et des propriétés favorables de type « drug-like ». L’affinage itératif des conceptions de composés sera obtenu en intégrant des informations biologiques dans le modèle génératif ChemPass AI, afin d’optimiser de manière multiparamétrique les candidats médicaments.

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References

  1. Australian consortium to develop quantum biotechnology platform to transform Alzheimer's ... · unimelb.edu.au
  2. Evogene, QUT partner on AI-based cancer therapies - Pharmaceutical Technology · pharmaceutical-technology.com
  3. Evogene and Queensland University of Technology (QUT) Announce a Collaboration to ... · prnewswire.com