La Commission européenne lance une offensive de financement pour la bioéconomie et soutient le passage à l’échelle des biotechnologies alimentaires

La Commission européenne a lancé le Bioeconomy Investment Deployment Group et présenté un paquet de 350 millions d’euros pour soutenir l’innovation dans l’alimentation durable et les biotechnologies. Ces mesures visent à combler les déficits structurels de financement qui freinent le passage des projets biosourcés de la phase pilote au déploiement industriel.

La Commission européenne et le Circular Bio-based Europe Joint Undertaking ont réuni des banques européennes, des institutions nationales de promotion, des fonds de capital-risque et des investisseurs institutionnels pour créer le Bioeconomy Investment Deployment Group, afin d’aider les industries durables européennes à obtenir les financements dont elles ont besoin pour se développer. Le groupe vise à réduire les risques financiers pour les investisseurs, à créer des normes de financement claires et à réunir des capitaux publics et privés, tandis que les propositions d’investissement de la Commission comprennent un paquet de financement de 350 millions d’euros pour accélérer l’innovation dans l’alimentation et les biotechnologies.

Bien qu’il soutienne déjà 17 millions d’emplois et génère jusqu’à 2,7 billions d’euros de valeur économique, de nombreux projets innovants fondés sur la biomasse peinent à obtenir des financements à des étapes critiques, comme le passage des essais à petite échelle à une production industrielle complète. Une étude récente a confirmé que le secteur souffre de déficits structurels de financement aux stades les plus intensifs en capital de la courbe d’innovation : du pilote à la démonstration, puis de la démonstration au premier déploiement industriel de ce type et à la commercialisation.

L’événement organisé cette semaine à Bruxelles a officiellement lancé le processus qui conduira à la première séance plénière du groupe de déploiement en juin 2026 et à la soumission de son plan de travail 2026–2029 au conseil de direction du CBE JU. Au lieu de se limiter à évoquer des solutions, le groupe se concentrera sur quatre domaines clés correspondant au processus de financement :

  • Concevoir de meilleurs instruments de financement, notamment des architectures de financement mixte, des mécanismes de partage des risques et des instruments de garantie adaptés aux projets biosourcés de longue durée.
  • Constituer un vivier de projets finançables grâce à une compréhension commune des aspects de bancabilité des projets, à des normes partagées de due diligence et à une gouvernance pour une base de données de projets prêts à l’investissement.
  • Améliorer la transparence par le suivi et le reporting, y compris un vérificateur numérique d’éligibilité aligné sur les cadres existants de durabilité et de taxonomie, ainsi que des méthodologies permettant de suivre les flux de capitaux vers le secteur.
  • Mettre en relation les entreprises biosourcées en phase de passage à l’échelle avec des institutions financières et des entreprises, selon des critères de taille de ticket, d’appétit pour le risque et de spécialisation sectorielle.

Les discussions ont mis en avant trois priorités qui façonneront le plan de travail : des contrats et critères standardisés, des financements patients à long terme, et une communication renforcée sur les projets européens en matière de bioéconomie, tels qu’ils ressortent de la EU Bioeconomy Strategy et du futur Biotech Act II. Le groupe comprend déjà le European Investment Bank Group, des banques nationales de promotion ainsi que des fonds spécialisés de capital-risque et de capital-développement disposant de mandats dans la décarbonation industrielle, mais la participation des grandes banques commerciales, des fonds de pension et des compagnies d’assurance reste limitée.

Les propositions plus larges de la Commission visent à accélérer l’innovation dans la production alimentaire durable dans le cadre de la Strategy for European Life Sciences. À la mi-2025, la Commission a annoncé un paquet de financement de 350 millions d’euros, en partie acheminé via Horizon Europe, afin de permettre aux technologies de fermentation avancée et de fermentation de précision de produire des ingrédients alimentaires durables, avec environ 150 millions d’euros alloués en 2025 et 200 millions d’euros supplémentaires prévus pour 2026–2027.

Ce financement vise la montée en puissance des procédés de fermentation, le soutien aux startups et aux PME qui commercialisent la recherche, ainsi que la mise en place de plateformes de collaboration public-privé. Les propositions cherchent à combler les lacunes en matière d’infrastructures, les coûts élevés des installations de démonstration, la complexité réglementaire, la longueur des procédures d’approbation dans le cadre des Novel Foods de l’UE, la fragmentation du marché entre les États membres et l’insuffisance du capital-risque aux stades de croissance.

La Commission a également proposé de renforcer l’accès au financement pour aider les entreprises européennes de biotechnologie à croître et à changer d’échelle. En coopération avec la European Investment Bank, elle mènera un projet pilote en biotechnologie de la santé en 2026 et 2027 afin de compléter l’initiative biotechnologique de la EIB, qui mobilisera jusqu’à 10 milliards d’euros d’investissements dans le secteur.

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References

  1. Europe & Biomanufacturing: Boosting Capacity & Innovation - DCAT Value Chain Insights · dcatvci.org
  2. Europe's new platform to help unlock funding for a bio-based future · environment.ec.europa.eu
  3. Investing in sustainable food innovation · innovationnewsnetwork.com